242 HISTOIRE SOCIALTISTE liaire redoutable et désintéressé qui avait été jusque-fa le soldat de ses ambitions? Elle chercha .donc à préparer une résistance légàle. Dans les bureaux du Nolional, les journalistes ge rtiunirent, el la plume Il l_afois modérée el vive de M. Thiers, rédigea, pour une protestation collective, un document qui rut publié. MM. Dupin et Casimir-Périer effrayés fermaient leur demeure totalement ou Il demi aux protestataires. Les députés dispersés se rassemblaient avec peine. Dans la soirée du 26 juillet tout semblait perdu pour la cause <lela liberté ·et Saint-Cloud où la Cour, des hauteurs ensoleillées, pouvait apercevoir Ja capitale, recélait Il ce moment tous le, espoirs ... Mais le peuple va entrer en ligne, le peuple, que celle querelle ne touche pas et qui ne va travailler qu'au changement d'un trône, ce peuple accusé dïgnorance, et qui seul clairvoyant, même où son intérêt immédiat n'apparait pas, lève son bras robuste, car il sait; par l'histoire de son patient labeur, que sa victoire totale dépendra des défaites partielles imposées par lui aux préjugés et aux réactions. CHAPITRE xvn LES TROTS.GLORIEUSES La folie de la cour. - I.e peuple de Paris. - Défaillance de la bourgeoisie libérale. - Première journée. - Seconde journée. - Paris est debout. - L"insurrection est générale. - Le drapeau tri~olore. - Marmont supplie la cour de rapporter les ordonnances. - Ordre d'arrestation contre six députés. - Les réunions des députés. - Troisième jourµée. - Défection de deux régiments. - La commission municipale. - La Fayette général en chef. - Départ de Saint-Cloud. - Le due d'Orléans lieuten_ant général. - Sa visite à l'llôtel -de Yille, - L~ royauté nouvelle. - Chute de l'ancienne. - La Hépublique. - Jugement sur la Restauration. Le sort était jeté! Une cour hostile à tout progrès, fermée_ à toule idée moderne, conduite par un gouvernemenl inconscient, allait se perdre. L'histoire de ce suicide historique vaut, pour plus d"une raison, d'être cont6. D'abord, parce que ce récit, qui appartient à notre histoire, marque, plus peut-èlre que tous ceux qui le précèdent, ce qu'était l'état cI'esprlt de Charles X, el quels hommes, surgis des "profondeurs du passé au début du x1x• siècle, gouvernaient le pays. Par le contraste entre ces hommes, semble-t-il, d'une autre race, el la sociélé qui les entoure, l'esprit s'imprègne d'amerlume, il est vrai, mais aussi de lumière. Et puis le récit des faits héroïques qui marquèrent ces trois journées libératrices montre le peuple sur le piédestal immortel d'où la philosophie décevante du scepticisme historique ne le pourra faire choir. Il fut intrépide, ce qui est peu, il fut désintéressé; il fusilla, pour se défendre, sur les barricade_s du droit; mais, le coup parti, il tendit la main aux blessés, m'ême au,c Suisses, héritiers historiques des assassins du iO aodt. li ébranla sous son poing robuste la porte royale des Tulleries, mais Il garda sous sa main d6licate des tréwr g
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