René Viviani - La Restauration : 1814-1830

Hl$1'O1R!': SOCIALISTE Z.'H La Ch;imbre se sépara au mois de juin 18:?9. C'était le moment attend11 pour agir. Le llrince de Polignac, mandé une fois encore par message secret, quitta rnn ambassade de Londres et revint /1 Paris. Des rumeurs, des bruits, des propos cjivers, annonçi.lient la fin du ministère ~Iartignac. Cc ministère ccpe~dapt demeurait incréc!ule ai-1 milieu de ces nouyelJcs. li fallut, pour l'éclairer, l'insi,tance avec laquelle, au début du mois d'ao0l, le prince de Polignac demapda au ministre de, finances lloy s'jl consentirai\ à faire partie dç sa comliinilison. Peu après, le roi annonçail au ministère qu'il le reP1plaçait par un ministère nouveau; M. de Poli,;nac devenait ministre des alfajres étr.ingères; M, de la Bourdonnaye, mir1istre de l'intérieur; Courvoisier, de la justice; et le gén6ral (je Bourmont, l'homme de Waterloo, mi, nistre de la i;uerre. L'11nnonccde celle nou,elJeflt tomber du sommet cjc ses illusions un pcq puériles M. d~ .Marlignac, C~ derni~r ;m1H loujpurs eu dans le roi une confiance ,;111s limite. li prenait la courtoisie, la cQrdialjté, l'afîa!tili(é des ma,iiilres pour des tra(luclion, sincères d'un s~ntiment vlus profond. Surtoul (lepµis le re(rait des lois d'organisation municipale, M. de Mar\ign ic avait crµ retrouver l(l f11veuf royale et la posi;éder sans partage. On a peille à comprendr~ que ce parlementaire affiné, qqc cel ~spril sotJple e\ vivant ail manqu() de la plus éiémen\aire clairvoy&nce et que, notamment, la double 11rriv6edu priqce de Polignac, les propositions à peine voilées f;ii\es par le roi qui tenlqil de faire pénétrer dans Je conseil son favori, an à, peine à comprendre que c~l ensemble de faits n'ait pas davantage frappé ses yeux. Sous son masque tranquille et bon, le roi astucieux pr~parait à son premier ministre une chute lamentable, el il ne l'avait conservé près de lui que pour atteindre sans heurt la fin de la session. Celle-ci venue, M. de Martignac n'avait pas attendu bien longtemps les effets de la faveur capricieuse. Il pouvait se rappeler, avec une slupéfaclion un peu ingénue, les paroles larmoyantes du roi qui. en Al~ace, aq milieu des acclamation~, lui disait : • Quelle nation, monsieur de Martignac! Et qua 11efer~ikon pas pour elle!• Ce qu'il allait faire, on allait le voir, Pour le moment, il préparait le plan. Il faut dire que Charles X avait sur les lèvres, au moment où Il congédiait ses ministres, sinon une raison, du moins un habile el convaincant prétexte. c·~tail l'absence de majorit(I à 1~ Chamhre, l'ins(lcurité minist6rjelle qui en \\taH )'efîol. La majorité v~ci)lanl9 el bigarréQ, faite du liilérali~rno naïf ~l de 1'ultr11cisme calcula\eqr, en elI~\, n'nlfrai\ auGun lc11dQprnin à cc !IJinis\ère et, pilr elle, toute concep\ion ré0ocpiij était frap)~e de sl~rililé, A proposer des lois rMrogrades M, pe Marlignao p'aq,·ait pas gagné les homme~ de réac\ion qui, pour leur besQgne, p'11Vaie11pta~ )Jesoin d'autres IQai~s qu9 les leqH. /. pl'Qposer des réformes libér~les, il aurai\ pu se sauv~r. Mais voici précisément où M. de Marlignac el les lib~r<1uxqoIQmirenl des fautes (je ,

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