230 HISTOIRI<: SOClALIS'fE ' département, d'épurer un peu les sphères administratives où figuraient, artisans de toutes les fraudes du passé, nombre de préfets. Les plus imposés de la commune formaient un corps de notables, extrômement réduit d'ailleurs, et qui nommait le conseil municipal dont, jusqu'ici, le choix appartenait au préfet. Ce corps ne pouvait pas s'élever à un nomhre de membres supérieur à trente, plus deux électeurs sur cent habitants. Les plus imposés du canton, auxquels se joignait un électeur sur cent, nommaient le conseil d'arrondissement et les plus imposés de l'arrondissement, avec le surcroll d'un électeur sur mille, nommaient les conseillers ùu département. La commission chargée d'examiner c\i!Térenls projets, les aggrava dans le sens libéral, et demanda l'inéglibililé des ministres du culte avec la suppression du mot cc notables. • Mais quel projet viendrait le premier en discussion? Sur celte simple question de procédure, le gouvernement, à sa stupéfaction, fut ballu. La gauche réclamait la discussion immédiate du projet touchant l'organisation départementale, désireuse qu'elle 6tait de constituer tout de suite un corps de contrôle sur les préfets. Le gouvernement s'en tenait au projet communal le premier déposé; au scrutin, les libéraux el les ultras se levèrent ensemble et firent contre le gouvernement une majorité. C'était une surprise. li semble même qu'elle eO.tété salutaire, si les libéraux et le gouvernement, avertis par elle, comprenant que les ullras profite• raient de leur dé~accord, s'étaient rassemblés. Au lieu de cela, la dispersion des elîorLs tut la loi communément observée. Quand vint le projet sur le fond, le rapporteur, le général Sébastiani, un libéral, apporta les exigences intransigeantes de ses ami~. Sur la suppression des conseillers d'arrondissement, les libéraux votèrent, la droite s'abstint, el l'amendement hostile au gouvernement fut voté. · En vain M. de Martignac avait développé, pendant ce débat, toute la souplesse brillante de son esprit, ramené les uns, critiqué sans amertume les autres, offert le spectacle d'un homme admirablement doué par toutes les forces de séduction el de logique qu'il détenait en lui. Il était battu. Il se retira avec Portalis, et revint avec un décret royal opérant le retrait du projet. C'était la rupture violente et définitive avec la gauche. Désormais le ministère va vivre au jour le jour, sans majorité, sans lendemain~ exposé aux rencontres hasardeuses, inais décisives; des l!bérau~ et d~s ultras. Le vote du budget de 1830 occupa l'Assemblée, dont toutes les attentions se détachaient des questions pécuniaires pour se reporter sur la situation poli• tique'· 1. CependanL celte indifférence ne permit pu à M, de Peyronnet d'6chapper à un •oie proToqué par Dupin aînê el mettant en demeure le gouvernement de poursuine devan, le, tri1Jonau1l'ancien ministre dn cabinet YiUèle pour mauTai1e ~estion d11 denier, de l'Etat.
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