224 HISTOIRE SOCIALISTE tournaient à leur programme. En deux parties égales la Chambre était divisée. Restait entre ces Craclions une trentaine de membres qui obéissaient à la direction politique de~!. Agier. Il n·éraient pas ultra-royalistes, il n'étaient pas libéraux. lis avaient ln désir de concilier la Charte avec le libéralisme el, pour mieux dire, de rendre le libéralisme monarchique et la royaulé libérale. Dans une période aussi lroulilée, celle fraction devait être souveraine, et selon qu'elle apporterait ses votes à l'une des parties de l'Assemblée, déterminer une politique de recul ou de progrès. Cela ne manqua pas. Le premier eiTet se manifesta dans l"élection du président. Au 'premier tour de scrutin, le parli ultra l'emportait sur le nom de M. de la Bourdonnaye, tandis que Hoyer-Collard et Casimir Périer arrivaient les derniers sur cinq. li fallut un second tour, et la fraction de M. Agier, froissée de l'altitude de la droite, vota pour les candidats libéràux, si bien que M. Delalot, un ami de M. Agier, fut désigné le premier. En haine de celle fraction qui venait de lui infliger une défaite, l'ultra-royalisme insista auprès du roi qui chcisil comme président l'illustre Royer-Collard. L1 guerre était ainsi déclarée à celte minuscule et souveraine fraction el l'ultra-royalisme intransigeant et brutal en avait perdu l'appui. Celle première indicaUon ne fut pas négligée par M. de Martignac. Orateur habile, élégant, fleuri, moins rude que Villèle, mais clairvoyant, agréable et doux, séduisant autant qu'était souvent rebutant son prédécesseur, Martignac sentait qu'il avait devant lui une grande tilche, el ni sa conscience, ni son courage ne s'en émurent. i~lais, il ne voulait pas se livrer dans l'étal d'indécision où étaient encore les partis. Il attendait. Il avait, dès le premier jour, manifesté cependant une intention virile: en eonstituant son cabinet, il avait résolument détaché du département des AITaires ecclésiastiques Je ministère de l'Inslruction publique qui y était englobé. C'était une grande réforme et courageuse, car c'est d'elle que date la séparation de l'Université d'avec l'Eglise. Il avait mis, il est vrai, à la tête de ce département no:.iveau el qui allait se suffire à lui-même, il avait mis M. de Vatimesnil, qui avait donné tant de gages à la congrégation. Le choix de la personne rendit moins ilpres les protestations de la droite contre cette création. On comptait sur M. de Vatimesnil pour ne faire de ce ministère de l'instruction pulilique qu"une annexe' de la congrégation. Mais M. de Vati: mesnil trompa ses anciens amis et sa première mesure pour recommander à l'Université de sil tenir loin des jésuites fut la manifestation heureu.e el imprévue d'un étal d'esprit tout nouveau. En m(ime temps qu'ils prenaient celle me.ure de laïcité, courageuse pour le temps où ils vivaient, et qui consL;tait à reinellre le ministère de l'instruction publique hors du département ministériel des AITair~s ecclésiastiques, les ministres nommaient une commission chargée d'examiner l'application des lois du royaume. C'était, par une périphrase incolore,
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