René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOClALlS'L'E 223 En France, par lit même, le libéralisme triomphait. c·est lui qui, en partie, avait fait décider l'exp6dilion su,· mer, puis l'expédition sur terre, aidé cependant, il faul le dire, de quelque~ royalistes comme Chuteaubl"iand qui, outre le d6sir de d6plaire à Villolo, voyaient dans les Grocs moi11s des soldats d,, 1ï1Ïdépendanco nationale que des chrotiens levant la croix devant l"J .;lam. liais le triomphe tout moral du libéralismo fut indirect et non moins puissant. Cette e,pédition de délivrance, faite pour arracher la Grèce à son joug, était la revanche de lïgnominieuse cxpélilion d'E,pagne, par où lant de chaines avaient élé nou6Ps. Celle fois le fer, si souvent souillé, était épuré à un noble usage, el la force n'était plus une prosliluée puisqu'elle s'ennohlisrnil au scrvlce du droit. CHAPITRE X\"l H: ,IINIST~llE DE ,1. DE MARTIGNAC La situation des partis. - Élection du président. - Lo roi cl;oisil Royer-Collard. Tactique de !Il. de Martignac.-Création du ministère de l'instruction publique. - La Société de Jésus frappée. - Protestation des évèques. - lotervenliou du pape. - Intrigues de la Cour avec M. de Polignac. - Les libéraux s'allient aux ultras. - Les lois sur les communes et les départements. - Double échec du minislre. - Fin de la session. - Le roi congédie M. de Martignac. - l\esponsabilité des libéraux et du minislêre. Nous l'avons dit un peu plus haut: ce qui rendait plus difficile la tàche du ministère Martignac, c'esl qu'il ne trouvait en lace de lui qu'une poussière où s'étaient dissociés les éléments si fermes encore d'une opposition farouche. Le ministère de VillMe avait été abaltu sous les coups d'une coalition et non par le méthodique eltel d'une opposition homogène. Aux éleclions, quiconque arborait une opinion hostile à sa politique avait élé soutenu par toutes les fraclions, el nous avons vu La Fayette el 11. de la Bourdonnayc confondus dans la même sympathie. Mais maintenant que !"ennemi élail à terre, que pour panser insufü,ammenl les blessures de son amour-propre on l'avait nommé pair de France, en môme temps que 'llDl. Corbière el de Peyronnet (el sans doute aussi pour que leur présence à la Chambre élective ne fùl pas un élément de trouble el une cause d'intrigue), maintenant que la cible vivante qui disoiplirmil, eu les aµpclanl sur elle, tous les coups, avait disparu, où ces coups allaient-ils porter el sur qui? L'ultra-royalisme revenait à ses fureurs premières et )1. de la Bourdonnaye, qui semble bien, à considérer la correspondance de Chateaubriand et de c\e Villèle,avoir à cédé une rancune personnelle, redevenait, sous une forme plus parlementaire, le personnage intransigeant d'autrefois. L~s libéraux aussi re-

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