René Viviani - La Restauration : 1814-1830

• lilS'l'OJng SOClALISTI> Grèce à son joug et à ne plus lui laisser qu'un lien linancior, par ·un impôt ,m'nucl, avec la 'l'urquie. · Le sullan rerusa. On le menaça. Il refusa encore. li fallait agir. Les trois flottes anglaise, française, russe so présentèrent devant Navarin, où elles· mouillèrent en octobre. Pour mieu~ surveiller los vaisseaux turcs, cos escadres p6nélr/:rent drns Je port. Soudain un coup de leu aballll, sans provocation, un aspirant de vaisseau venu sur un navire turc. Ce fut le signal d'une éJ ou vaniable tuerie: pendant cinq heures, les canons tonnèrent. Après quoi, la fumée ayant disparu, on chercha les navires turc•._ Ils étaient détruits ot, avec eux, avaient péri six n,ille hommes. La Turquie n'avait plus de marine. La Grèce était délivrée de son re,Joutable ennemi. Pas tout à fait cependant. Si les ports où la flotte turque gouvernail avec insolence étaient libérés de sa présence grâce au désastre qui l'avait engloutie, restait à ses !roui os cle terre l'intérieur du pnys. El Ibrahim vengeait par le fer et par le feu, sur les hommes et sur les femmes, l'écrasante défaite par où avall succombé la marine du sultan. Allait-on le laisser lairn, et l'immolation de la Grèce scrail-ello la rançon ironique et sanglante de la victoire non cherchée à Navarin 1 L'embarras était extrême, el Jamais vainqueurs ne furent plus attristés de leur victoire que les Anglais, donl l'amiral avait, par le privilège de l'ancienneté, commandé en chef à Navarin. lfa d6truisant la llollo turque, les canons de la coalition europôenno avaient anéanti la Turquie, et celle-ci, sans marine ni troupes, ne pourrait plus faire face au ,olosse russe. Ainsi l'Angleterre se trouvait avoir travaillé au triomphe d'une politique qui lui était odieuse. Néanmoins il fallut _agir. Les trois nations une l'ois encore so mirent d'accord pour porter lo coup dôcislf' à l'insolence d'ibrahim .. Mais ce coup, qui le rrappcrnit? L'Angleterre en revendiquait l'honneur, d'autant plus Ja• lousée par la Hussie, que celle-cl redoutait de la part cle l'Angleterre l'occupation sans fin de la Grèce cl la revendication d'un snlaire pins formidable que la lâche. On llnit par ctéoldor que ce serait la F'rance, qui devait ainsi à son dé:siatéres,cment le manrlal de civilisation qu'elle all"lt rapidement remplir. Ainsi ful d~cidec l'exp6dillon de Morée. Qualone mille hommes partireut sous les ordres du général Maison, au refus par M. de Caux, mioisLre de la guerre, d'employer Marmont ou Bourmont que lui voulait imposer le roi. L'Angleterre essaya en vain de gêner le d6barquemeut en négociant dircctomeut le départ d'Ibrahim à Alexandrie. Le g6néral Maison débarqua, ùivouaqua. li lui suflli de Caire le geste el, sans tirer l'épée, il obtlnl la soumission d'lbrahim. Ai1_1sip,our toujours, la Orèce voyait disparaitre de son sol sacré la lourde inlilntcrie arabe, el, pâr les mains de la 1''rance, était préservé d'une plus longue souillure le Jardin délical oil la pensée humaine vit éclore tant et lant (le merveilles .

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