218 HISTOIRE SOCIALISTE ses préfets, se réuuissanl, donnant l'impression d"une minorilé factieuse, qui aurail détourné l'arme des lois el en frapperait une nation un momenl stupéfaite. Quand M. de Villèle crul que tout était prêt, il agit el le même jour, ;; novembre 182ï, le .Uonitew· enregistra quatre ordonnances : 1° la Chambre élail dissou le el les élections fixées au 21, novembre; 2° la censure élail retirée; 3° soixanle-seiz1: pairs nouveaux elaient nommés; 4° les présidents des collèges électoraux élaient choisi~. Ce coup de force semblait devoir frapper les oppositions diverses que le gouvernement renconlrail sur son chemin, surloul en ne leur laissant pas le Lemps de se rassembler, de se concerter. Du même coup, la Chambre des pairs expiait son hostilité, en recevant l'affiux nouveau de soixanteseize membres qui allaie,nl noyer sous leur docilité toute prôle l'indépendance relative de l'assemblée. Mais le gouvernement qui se portail à de telles mesures s'obligeait à vaincre totalement ou à périr. Il avait frappé toutes les têtes, les individus, toutes les collectivités : l'Académie, en la personne de Villemain qui avait protesté contre la loi de justice et d'amour, la Chambre en la dissolvant, la Chambre des pairs en brisant son ressort de libre contrôle, les ouvriers, les industriels, les gardes nationaux, ceux qui pensent, ceux qui lravaillenl, la presse, le livre, el défié ainsi toutes les forces vives el saines donl une nation ne peut se passer sans mourir. Comment ,aincre tous ces ennemi~ qui, d'ailleurs, puisque le combat prenait celle O.prelé el celle ampleur, allaient s'unir tous ensemble? Le zèle maladroit des préfet , les violences, les fraudes, rien de loul cela ne pouvait arrêter le mouvement formidable qui surgissdl de la rue, des salons, d~s ateliers, des banques, ameutait les carrerours et surexcitait les esprits. La presse donne l'exemple: elle soutient à la fois M. de la Bourdonnaye, l'ancien ultra, converti aux exigences du parlementarisme, el La Fayette! 'rout était prêt: en quelques ijours, les indignations surprises avaient noué un concert irrésislij)le ... Le gouvernement profila de quelques incidents à Paris pour créer un mouvement de stupeur : à la suite de manileslalions puériles par le nombre el par l'âge des manife,lants, la troupe avail tiré. Mais la province ne fut pas entamée par l'exploilalion de celle bagarre sanglante où la main de la police avait laissé des traces visibles. L'oppo,'lion revenait avec soixante sièges. Paris, sur 8000su!Trages exprimés, avait lionné 1100 voix au gouvernement. Benjamin Constant n'avait eu contre lui que 22 voix. RoyerCollard était élu sept fois. ill. de Peyronnet n'était élu nulle part! C'était la déraite irrémédiable et sombre. En vain, M. de Villèle voulait se rallacher au pouvoir qui lui élail dérobé, conclure, transiger, promettre, duper. Toutes les fractions lui montrèrent un visage irrilé ou méprisant. Il dut comprendre. Il dut partir el ne s'y résigna qu'en janvier 1828. Après la
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