HISTOIRE SOCIALISTE 211) combinaison frivole de M. de Chabrol, naquit celle qui devail être plus durable el plus féconde, celle de Marlignac . .M. de Villèle élail vaincu par Jui-m~mc, Le caractère lui avait toujours manqué el le goût violent pour le pouvoir lui avaiL suggéré des actes d'autant plus répréhensibles que sa conscience les lui reprochait tout bas. Autour de lui, une minorité agitée el brouillonne a,ail agi, voulu, gouverné. li lui avait assez de temps tenu tète pour qu'on puisse dire de lui qu'il était clairvoyant. Mais cela aussi permet de dire, puisqu'il céda, qu'il fut plus qu·un autre responsable. C'est lui qui a amené, par la succession des fautes les plus graves el les plus aisées à éviter, la chute de la monarchie. c·esl lui qui a préparé les folies dernières par lesquelles dans quelques mois s'effondrera le régime. EL tout cela pour durer! En effet, il a blàmélaguerre d'Espagne, le projet sur le droit d'ainesse, ll·aulres lois encore. Sïl laissa la guerre se faire el les lois se préparer, c·est quïl ne voulait pa~ résigner son pouvoir. Adminislraleur, financier, homme de budget et de chïfîres, il ne fut pas un homme d'État: à ce degré supérieur ne montent que les hommes publics en qui la conscience parle el qui savent ne pas incliner au caprice des forces el aux enlratnemenls des hommes leur pensée mûrie par l'expérience. Les difficultés qu'allait rencontrer M. de llartignac lenaienl à la dispersion dans la Chambre élective des parlis. li n'y avait pas eu contre de Villèle une opposition, mais des oppositions, rassemblées par des haines communes. Et maintenant qu'avait disparu le ciment qui les forlifiail, elles ne formaient plus qu·une poussière dans l'Assemblée. Mais au moment où M. de )larlignac succéda il à M. de Villèle, si ardente que fût la tulle polilique, l'allenlion des partis n'6lail pas tout entière absorbée par les événements intérieurs. Depuis six années, l'opinion. de degré en degré, participait par une émotion plus vive aux événements extérieurs. La lu Ile héroîque que soutenait la Grèce, le retenlissemenl des combats livrés sur celte terre rendue prodi!(ieuse par l'anliquil~, de jour en Jour les incidents davantage connus sollicilaienl l'esprit public el Je cœur de chacun. La Grèce, soumise au joug Lure. après l'avoir longtemps subi, s·étail à la !ln ~évollée conlre l'absolutisme d'une tyrannie sans repos. Si la tyrannie est toujours dure, quelles que soient les mains qui l'imposent, elle est intolérable aux moins sensibles, quand elle tombe sur une race des mains d'un~ race différente, ennemie, hostile, quand rien avec elle n·esl commun, ni la langue, ni la pensée, ni la croyance, quand le passé interrogé proteste en rappelant des traditions d ïndépendance. C'était Je cas pour la malheureuse et nolJle nourricière i11lei lecluelle du monde, à laquelle tout homme cultivé doil les joies sans nombre de l'esprit. Elle s'était révollée, tandis quo l'Europe, indilr6rente à son initiative comme elle l'avait élé à son martyre, semblait ne pas voir. :Sous ne parlons que de l'Europe officielle, des diplomaties, des
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