René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HJSTO IRE SOGIA LISTE enseignement el le projet reliré l'eût élé pour loujouro. Mais l'esprit cauteleux de de Villèle el l'esprit brutalement hardi de ill. de Peyronnet, hommes d'expédients plus qu'hommes de principes, en avait autrement décidé. El même ils allaient, comme pour accroître les difficultés que les évènements accumulèrenl, procéder à la dissolution de la garde nationale, el porler ainsi, sur la lêle d'une milice civique qui se conrondait avec la population, un rléfi définitif à toute la ville. Le roi, le 12 avril 18:?7, quelques jours avant que le projet fût retiré, avail approché de près la garde nationale qui, ce jour-là, jour anniver,aire de sa rentrée à Paris, prenait par exception la garde aux Tuileries. li en avait reçu des marques de res1>ect, chacun rroyanl qu'il 6lail un prince débonnaire, mais bien intentionné, que ses ministres trahissaient en le conduisant à une politique mauvaise. Touchante candeur de la population el qui prouve gu·avec un peu d'habileté un roi au rail pu étayer sur elle une popularité sinon durable, au moins sé'rieusc ! Le roi, loul heureux de ces marques de respect, promit de passer en revue toute la garde nationale el fixa au dernier dimanche d'avril celle cérémonie militaire. Mais les ministres veillaient : précisément on relirait le projel de loi de la Chambre des pairs el les manireslalions ardentes auxquelles donna lieu à Paris el à Lyon ce retrait blessèrent des gouvernants trop disposés à rechercher une revanche politique à des défaites personnelles. Qu'allait faire le roi au milieu de ce peuple hostile à ses ministres et qui l'arait montré? La revue eut lieu : les cris de• Vhe la charte! vive la liberté de la presse!» égalèrent les cris de « Vive le roi!» el le front de Charles X se rembrnnil. )fais la revue finie el la dislocalion ayant eu lieu, ce fui une autre manifestation : ces bataillons-traversaient les rues de Paris, la rue de Rivoli, en acclamant la liberté el en criant : • A. ba~ les ministres! • C·en était trop. Le conseil se réunit et l'ordonnance de dissolution de la garde nationale vint ajouter à l'impopularité de ce ministère précaire. On peul, certes, trouver qu'il élail impossible à un gouvernement rie laisser une troupe en armes juger violemment ses actes, tandis qu'elle élait en service commandé. Soit, mais gouverner, c'est prévoir. El la moindre clairvoyance, en l'étal des esprits, eOI prévu qu'un rassemblement aussi formidable (il y eut à la revue 300 OCOspectateurs) était susceptible de donner lieu il une manife.;lation. :llais, frappés de folie, les ministres ne recherchaient-ils pas celle manifestation pour en déduire des actes de rigueur nouvelle_? On le peul croire. La session de iS.27 allait être close {22 juin). Des rumeurs circulaient sur les actes de violence que préparaient les ministres. Ceux-ci étaient muets. Mais leur silence masquait des coups de force. On le vit dès que la Chambre fut partie. Une ,impie ordonnance rétablissait la censure en matière de presse. Et, peu attentif aux colères que cet acte engendrait, le ministère travaillait il une autre mesure. Il regardait l'horizon, interrogeant

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