René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOCIALl81'E dié par une ordonnance que ~I. de Villèle oblinl aussi aisénwnt du roi malade rt licilli qu'il amit ohteuu la nomination. Ainsi, el surtout par la brutalité el la rnudainelti de l'exécution, M. d e 1 \ïllèle se donnait un ennemi éclatant. Cel ennemi était tolérable, même par ,es intrigues, quand il 6tail rclr·nu dans les entraves du pouvoir. Restit ué à l,i liberté, il devenait, par la pa~sion, la Yéhémenre, l'éloqurnce, un adversaire rormid,ihle. Toul de suilc Chateaubriand commença la lutte da ns le Journal de., Or'bats qui ful ravi par lui à la cohorte des journaux ministériels. Il accusa avec frénésie le minisl~re d'allcnlrr à la lilierlé ! JI é'tail temps vraiment que Chaleauhriand s'en apcrtùl, el sa clairroyance Lardh•c ne po umit que lui attirer une question : ponrqnoi avait-il, comme ministre, supp orté Ioules ces ,iolations de la liberté, el si, depuis qu'il était journaliste, elles étaient devenues pour lui plus crnellrs, c'est donc qu'il ramenait tout à son immense orgueil? Celle observation qui fut dans les esprits, même les plus simples, d6sarma, pour un momPnt, sinon sa rurcur, au moins relfcl de celle fureur. Cc n'était d'ailleurs là qu·un incident de second ordre et dont la cons,·quence politique se devait montrer plus tard. Satisfait de cette e,écution qui soulignait sa maitrise, ~I. de VillNe chercha à la Cour des pairs 1111 racilc triomphe rn fais ,nt voler la loi de septcunalilé. Par là, on entendait la prolongement du mandat parlementairn pendnr.t SCJJLannées. Le vote fut facilement obtenu. Le déhal ramena la q uestion qui sera au,si durable qnc le parlementarisme et qui est de savoir q uelle rloit êlre, pour le hicn public, la durée du mandat politique. A vrai di re, la qucstiou change avec le régime. Dans une monarchie pareille à celle que Louis XVlll représentait, des élections fréquentes sont nécessaires : car l'élecliuu est, si restreint et si asservi que ~oil le corps électoral, le ,eul procédé qu'a cc pouvoir de connatl.-c l'opinion. Dans une démocrati e où toutes les manifo,lations sont permises, une élection chaqur année e l par représentation parlirlle serait la plus vaine de, agitations. En prin cipe, l'apprentissage parlementaire exige une durée asse1, longue et, de plu,, l'opinion a le droit de pénétrer rhin~ une Chambre, d'un coup, si elle le peul, ,ans soumettre ses passions et ses int6rèls au crible dP l"élcction partie lle ... La septennalité fut rnléc. Ce triomphe léger ne surfit pas à M. M Yilli:le pour qt~'il se ttnl satisfait. La réaction se nt plus sévère: on rétablit la censure, les journaux f urenl décimés par les pour,uiles et, en même temps; enchainé~ par des liens dorés <1r1 pouvoir. On acheta tout ce qui s·otrrit el la sélérilé légale frappa là où la \ 'énalilé a,ail él6 impuissante. Le scandalo de la Q11otidie11ne, rcuille cependant ultra-royaliste, achetée en la personnr de tous ses propriétaires moins un, Michaud, qui ré-ista, fut ch1ssé cle chez lui par la .police\ ful condamné par la ju5tire, enfin trouva des juges à la Cour, ce scandale retentissait encore quand, ~an, doute, par pitié pour l'histoire, le destin, plaça là, on septembre

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