René Viviani - La Restauration : 1814-1830

IIISTOIRE SOCIALISTE i03 moyenne déclaraient leur haine publique el impuis,anle à l'envahisseur. Mais le pcu1ile, sous la domination abrutissante de~ moines complices de l'invasion. tanlol se taisait, lanl0l acclamait l'armée française, le roi absolu, bénissant de ses mains serviles les armes mrurlrièr~s qui égorgeaient la liberté publique. La p,u.,reté au,;i rut l'atl\lliaire de la rorce en ce pays d'où la traditionnelle nerlé semblait exilée : )1. Ouvrard, démuni de toutes fournitures, a\'ail rail appel, danc; la région travers{·r, aux habitants, olTranl de payer dix fois plus cher le produit réclamé, étalant sous le regard ébloui de celle détresse proronôe des millions en pièces <l'or ou d"argent. Dès lors, d"lrun à )1aôrid. par Villoria, Yalla,lolid, Se;ovie. l'armée p1ssa entre une douhle haie de fournisseurs improvisé,, marchands, lr,1fiquanls, paysans, montagnards, Loule lïgnorance el Loule la mi,ère, dont, une Coisde plus, la main des moine, se servait. Pour hâler la marche facile de celle armée, le duc d"Angoulême employa encore un outre moyen : la corruplio11. Les munilior.s que trainait derrière elle celle armée n'étaient pa, seulem~nl des boulets el des balles, mais des million~. Ces millions, par 1>arcelles, rure 1l olT~rts aux généraux espagnols dont le premier geste fut de mépri~ pour la faible quotité à laquelle les généraux rrançai, avaient fixé leur honneur. Les olTres, selon la procédure ordinaire de la corruption, se firent plus importantes el plus pressantes, el, le premier, le général L'Abisbal, chargé par le3 Corlès de défendre la ville de )ladrid. déclara ne pouvoir plus résister. li prit ses précautions pour li,vrtr )!Jdrid découvert, s'enfuit, mais lais•a à de dignes lieutenant, l'ordre de le11ir en son nom l'infamante promesse que sa conscie11ce stipendiée avait f,1ile au plus délicat des Bourbons. Il rut fJit comme il avait prévu el, le 24 mai. le duc d'Angoul~me pénétrait courageusement dans Madrid en même Lemps que le maréchal Oudinot. Où élnil l'héroTque Madrid de 1808? Où étaient les dérenseurs de Saragosse? Le peuple, dans la désolation des classes nisées. les seules que l'esprit de la Révolution arnil éclairées d'un faible rayon, le peuple acclama les libérateurs. Quelques Jours après, le l" juin, l'armée française se mil en campagne pour pour.ui.,re les Corlès el le roi Ferdinand qu'ils tenaient captif. Les Corlès s'étaient réfugiés à Séville. A l'approche du général Boudesoulle ils quillèrenl Sél'ille et alll)rent se jeter, avec leur proie royale, dan, l'imprenable Ca•lix, tout près de celle Jle de Léon, d'où, en 1820, l'intrépide. Riego s'était levé 1>our l'indépendance. Il s'y trouvait encore, el mt'dilail d'en sortir, pour aller, par les chemins glorieux où il avait déjà pass(•, réveiller le se nlimenl de fierté qui semblait éteint à Jan11is. Il arriva ainsi à Gibraltar, puis à Almeria. désarma le général 'l'agar, ancien lieutenant d'Abislial, lrallre comme lui, el, a\'ec ses troupes, marcha vers le général Ballesleros, à Priego. Celui-ci avait été louché par la grl\ce corruptrice;

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