René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOl!lE SOélALIS'l'É 17\J nairc très brul:il, et M. Mangin, procureur~ génoraux, 110firent que des allusions à oc rail. M. de Villèle ne se souciait pas d'ajouter uux ùifllcull65 en arrêtant l'lllustre vieillard dont la jeune èpéll àvnil ouvert la voie à la liberlô américaine. Il se dlsnit aussi que celle impunil6 laissée aux chefs finirait pat êcatter les solda ls, et en cela il ne se trompait pas. La faute de M. de La Fuyette ne fut pns d'éviter l'échàfauù, car îl né fit pour cela aucun aclo, brava par sa présence el par sa parole toutes lM me• naces, et il ne pouvait, après loul, forcer la main dtl geôlier. Sa faute fut d'avoir laissé, à l'abri de sa renommée, el f>ar elle entrainés, se grouper tant de dévouements Obscurs sans les dlriger vers un but. Pourquoi, en efTot, tous ces complots. el qu'auraient fait les conjurés triornphants? Ils voulaien( prendre le~ villes fortes, s'avancer sur Paris, forcer le roi n ca1>iluler, soit, M,1lsune fois réalls6 ce plan militaire si dil'flclle, qu'auraient-ils ruit? ce qui est intéressant dans une insurrection, ce n'e.sl pas seulement le jour où l'on agit, c'est d'abord la veille, car on peut ôlr~ surpris, c·esl surtout le lendemain, car il faut créer après avoir détruit. Que voulait-on créer'/ Les di ver• gences étaient telle~ que ces conspirations avalent l'aspect d'un cnrrefour bruyant où toutes les opinions s'expriment à la fois. 1'ous se levaient au iiom de la liberté, nom magique, mats aussi nom équivoque s'il ne s·appuie pas sur un ferme dessein et sur un 1>rogramme. Or la liberté, pout beaucoup parmi ces militaires mécontent$ et aigris, elle prenait la figure pâlie de Napoléon 11, el si, par impossible, celul•ci avait ét6 restauré, les mêmes hommes, qui avalent nvec son père piétino le d,·oil, reussent percé encore de leur opéé. Ceu~-cl voutaient ie fils de Philippe Egulit6. D'autres, mais e1i 11ombreéxlrô1uernenl restreint, rêvaient à la llêpubllque ... Et c'était celle cohue désordonnée, sans lien moral, sans discivllnc d'esprit, qui allait à la conquMe du lrône ! M. de La Fayette n'a rien rail pour donner l'unité à cette foule; quo voulait-il lui-n1êrne '' Certes, il élnit d6slnléressé, ne recherchait rien que le rôle qu'il avait Joué déjtl, en Amérique, au~ débuts de la Révolution, avant qu'il ne déserlllt son armée, -le rôle de protecteur de la liberté. Il offrait sa vie allégren1tnent el n'est pas re~ponsnblc des ménagements habiles dont les ministres l'ont entourée, M~is ce n·esL pas tout qu'un oher soit prodigue de son !!!lng. li doit ôtre avare du sang de ses soldats. El pour cela, non soule• ment il doit les organiser, mais il doit encore /)rendre des mesures ~our que la part, toujours si grande, du hn1Sardmalheureux soit restreinte; au lieu de cela, ce furent des &Journemcnl$, des rélards, des Initiation~, comme oello de Voelfleù, qui devaient coûter la libert6 cl la vie à blon des hommes. m puis sl ces complots n'onl 1>uréussir, c'est qu'il h'élalt pas darts leur halure d'abolltlr. ·un complot qui vise seulement uné personne, qui ne réclame que peo d~ bra~ pour son exécution. oelui-là réus~it presque toujollr3, Une main se lè~è, retleseehd, un horume est ahatLu, el l'niuvre sinistre est

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