178 HISTOIRE SOCIALISTE c'était douner fl croire à Lous qu'il s'agissait d'un complot"de polico, alor~ quo Grandméuil .filait, comme Nanti!, un homme d'un admiral,Jlo dévouomrnt. Le jury n'en conrlamna pas moins à mort Grandménil, Delon, d'autres par contumace, el Berton, Cafî6, Henri Fra()in, Sénéchaut, Saugé; les autres, au nombre <te trente, sont condamnés à des peines variables. C'était lo 11 septembre. L'exécution de l'arrêL fut njourné par des pourvois en rovision et des demandes de grttces: furent graciés Fradin et Sénéchaut. Lo 5 octobre, à i;nidi, sur une place de Poitiers, devait avoir lieu la double exécution do Berton et de Caf(I). A-onze heures, cc dernier, dissimulé sous sa couverture, s'ouvrait l'artère crurale; on se précipita pour arrôler l'hémorragie afin que, par le_ décapitation, l'exemple fût fourni; mais la mort, plus clémente que la justice, délivra le malheureux de l'ignominieux contact du bourreau; sous peine de muliler un cadavre, o~ ne pouvait plus porter le condamné à l'échafaud. Dcrlon allcndil la morl, se fit ra~er, rudoy11le prêtre qui offrait l'hypocrisie de ses prières, et, à midi, parut sur la place. 11 cria:« Vive la !•'rance!. Vive la liberté!» et donna une vie que Loule la mitraille de Waterloo avait 6pargnée. Le surlendemain, 7 octobre, Juglinct SaugéétaienL eÀéculés à Thouars; Saugé jeta le cri de : « Vive Ja République!" Deux condamnés seulement, l'u11 au Mans, l'autre à Thouars, l'nvaient fait entendre. Ce no furent pas les dernières condamnations à mort, mais ce furent les dernières exécutions. Aussi bien le glaive de la lleslauralion pouvait s'émousser, car les conspirations étaienl mortes, tuées par les conspirateurs. L"arret qui tranchait la tôle des sergents de la Rochelle con,iamnail du môme coup !e carbonarisme. Impuissant devant l'échafaud, il ajoutait à l'insuccès de sa tentative, l'inertie au jour du péril. Toutes les vaillances te1rnes en réserve s'écartèrent de lui et, par d'autres voies, chcrchèronL l'aclio11salutaire. Les échecs successifs subis par ces conspirations militaires ètah1nt dus à .plus d'une cause : d"abord à l'imprécision des ordres donnés. et surtout à ce fait que ç'él(lient d'obscures violimes qui tombaient, éclairéesJd'un faible rayon cle gloire seulement au jour de l'expiation. L'attitude de la Restauration vis-àvi~ ô~s chefs a élé diversement jugée, et l'on a discuté pour savoir si, en étend&ot 1-l main, elle n'auroit pas pu saisir les plus hautes personnalil6s. Cela n'est;pas douteux; la llestauration ne fut ni magnanime oi aveugle, elle ful habile, et voilà tout. A qui fera-t-on croire que, ~•il l'eiH voulu, M. de Villèle n'cil\ pas pu faire arr~ter La Fayette et Voyer d' Argen$on 7 JI avait promis "vec éclat de poursuivre tous les coup(lbles, si <lespreuves juridiques I11i~laient fournies, mais toute colle indignation masquait sa vQlontaira inertie. La police savait bien que M. (je La F~yette était parti pour Belfort et n'avait bifurqué en route que sur \Ill contre-ordre. Elle aurait pu, ~ur la dépositiDl\ de B11udrillel, qui dénonçait formellewenl La Fayette et donnait son adresse, ouvrir une enquête. Elle ne le fil pas; M. de 1,larchangy, d'ordl·
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