f80 HISTOIRE SOCIALISTE accomplie dans sa sauvage simplicité. Mais quand un complol veul renverser un régime, il faul bien en imtruire des centaines de confidents qui, sans cela, seraienl surpris par l'événement. El voilà alors la conlradiclion insoluble, c·esl que trop peu d'hommes ne surflsent pas à l'ampleur de l'entreprise, el trop d'hommes peuvent toujours contenir un imprudent ou un scélérat. En fait, rnr cinq ronspiralions militaires, la Restauralion a donné l'exemple de cinq délations militaires, et c·esl par elles que tout a échoué. Est-ce à dire cependant que ces conspirations aient été finalement inutiles? Jl n'est jamais inutile de faire appel aux réserves de noblesse el de vaillance que l'homme porle en lui. Mettons à part les officiers généraux el les officiers supérieurs du premier Empire, qui ne pouvaienl se consoler de la chute du régime, pour lesquels la Restauration, qni aurait pu les rallier, fut d'ailleurs injuste el brulale, et qui formèrent un syndicat militaire en face du syndicat royaliste. Les autres hommes qui se sont levés avaient un admirable désintéressement, s'ils ne possédaient qu'un idéal imprécis el une doctrine un peu confuse. Jls ont maintenu l'intégrité du patrimoine de fierté humaine que les générations doivent se transmettre et montré qu'ils avaient hérité de la Révolution le mépris souverain de la mort. Ne nous plaindrionsnous pas si celle époque, au lieu d'avoir été troublée même par des tumultes sans lendemain, s'était silencieusement résignée au joug? Ne pense-t-on pas que les frères de ces hommes, en !830,_ leurs fils en !84.8, ont frappé d'un bras plus robuste parce qu'ils vengeaient des martyrs? El si le suffrage uni verse! a enfin été reslilué au peuple, avec la force révolutionnaire qu'il contient, si, par lui, les expropriations politiques el économiques se préparent au protit d'une humanité affranchie, n'esl-ce pas un peu à loules ces févoltes saintes que nous le devons? Il n'y a pas une immolation, une goulle de sang, une douleur, une larme, qui soient inutiles dans l'histoire du progrès humain ... On pense ce que put être la session parlementaire qui s'écoula pendant que les faits que nous venons de relater se produisaienl el quelles délibérations la Chambre a pu prendre au bruit des feux de peloton et du couperet inlassable. La réaction sanglante dans le pays était doublée d'une réaction férocement froide au Parlement. La première victime qui lui fut offerte fut naturellement la liberté de la presse qui, restreinte et mesurée, éclosP débilement sous le regard de la censure, n'en fut pas moins considérée comme responsable de tous les maux. C'est elle qui avait déchainé les complots; c'est la plume, même asservie, qui avait aiguisé les poignards, el pour punir la glorieuse el éternelle vaincue, c'esl elle qu'on voulut décapiter. M. de Peyronnet, qui succédait à M. de Serre, trouva trop libérale sa loi. El il convient de rappeler les atteintes qui lui furent portées, car elles sont démonstratives du fol esprit de réaction ~ont la France va souffrir. On supprime le décret qui puni,sait l'attaque au roi constitutionnel el, par là, on signifie
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