HISTOlfiE SOCIALISTE 177 les fouille, on trouve des notes, des cartes, dP.sappels, des mols d'ordre. On arrête divers d'entre les survivants: quelque, mois après, le sous-officier Sirejean est fusillé (avril 1822). Ce désolant échec n'avait pas entamé le courage des conjuré$; avant même le procès de Sirejean, el dans le but de le délivrer avec ses coaccusés, un autre complot est ourdi. li avait pour agent d'exécution le général Berton: ce général, qui avait commandé la cavalerie d'Exelmans au ~font-Saint-Jean, avait été licencié, emprisonné un an sans motif, relâché, repris, conduit par une persécution indigne à l'exaltation la plus explicable. Le plan est fait : la ville de Saumur se lève; on prend au chaleau, que la garde doit livrer, 8 canons et 30000 fusils; on s'est emparé de la gritfe du sous-pré!cl cl on écrit aux généraux d'alentour : Us viennent, on les arrête. on décapite le commandement; on rejoint à Nantes le 13• de ligne qui n'allend qu·un ordre; à Angers, d'autres conjurés; on marche sur Paris. Mais au moment d'cxocutcr le plan, sur la demande du docteur Gallé, on le modifie : c'est de Thouars que l'on doit partir pour soulever les paysans et enlever Saumur. Détestable pensée! De Thouars Il. Saumur il faut presque une journée de marche, el les au lori lés prévenues ne manqueront pas de se concerter. Le 24 février 1822, Berton a quitté 'rhouars, après avoir per<lu quatre heures, traverse avec un faible contingent des villages stupofails, arrive le soir devant Saumur el s·arrêle: per~onne ne bouge. Mais le sous-prétel est prévenu, on ferme les portes, on parlemente; Berton se retire, la peli le troùpe se disperse, el Berton va se cacher près de Rochefort. C'est alors qu'il va à la Rochelle s'olTrir Il. la conjuration des quatre sergents el qu'on lui donne un banquet qui Cul une des causes de l'arrestation des sergents de la Rochelle. Berton, dont tous accusaient la faiblesse, est irrité contre lui-mèmti : il lui faut une revanche. Précisément un autre complot va nallre : Grandménil et Baudrillel soul allés à Paris, ont eu <les rapports avep La Fayette qui les encourage. Berton est mis au courant : le régiment de Saumur doit se soulever, à la voix de l'un des sous-officiers, Voel0ed, que La ~'ayette lui-méme a recommandé. Une première entrevue a lieu le 12 juin; on prend rendezvous pour le 17 Juin. Voel0ed se préscn·1eavec quatre sous-orficiers, les recommande comme d'ardents• patriotes•• on boit, et, soudain, ces hommes mettent en joue Berton, Bautlrillet, Delalande, les arrOtent, les ligotlent, les amènent à Saumur. Au mois d'octohre le procès vint devant la cour d'assises de la Vieuoe. Une parlicularil6 de ce procès fut la déposition de Baudrillet: à l'lnlerrogaloire, devant le juge, Baudrillet avait impru.Jemruenl avoué avoir été r.hez 111. de La Fayette, rue Sdint-Uonoré. Heureusement M. Delalande lui montre sa nalveté et le conjure de donner du géué rai une telle description que ce dernier hll méconnaissable, el que la pensée commune IOL que c'était un faux La Fayelle qui avall élé présent. Seulement, comme c'était Grandm6oll qui avait fait la présentation el que Grandméoil étall absent,
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