René Viviani - La Restauration : 1814-1830

lJISTOlRE SOCIALISTE li5 s'ébranle, parcourant les villages, jusqu·au petit village do Daltonheim. LIL ces hpmmes mettent fin à celle comédie indigne; ils saulonl sur Caron cl sur Roger, les attachent, les ramènent et un des sous-officiers apparan sous son vrai nom et sous son vrai grade: c'est le capitaine :'iicol. Caron, quoique• n'appartenant plus à l'armée, d'où l'a chassé .\1. de Latour-Maubourg, est condamné il mort par le conseil de guerre; il forme un pourvoi. La Cour de cas~tion se réunit, mais on l'avorlit que l'objet du litige a disparu ; Caron, no110bslant son pourvoi éminemment suspensif, ayant olé rusillé. Roger fuL condamné ù mort par la cour d'assises de Melz, gracié, expos6 au milieu ùcs sympathies public1ues, couronné de chimo par un courageux citoyen, puis envoyé au bagne cle·Toulon, d'où Mm• Récamier, en 1821, devait le raire sortir. Quelques jours après, le maréchal-des-logis 'fhiers et le capitaine Nicol, q\1i avaient prêté les mains à cette œuvro do police, recevaionl de l'avancement et louchaient sans honte le prix du sang. Pendant co Lemps, une autre conspiration qui avait germé à Paris éclatait à la Uochelle. Lo 1,5, de ligne, en garnison au Havre, avait quilté celle ville pour Paris, on 1820, et séjournait dans la capitale en 1821. Cc régiment possédait llll sergent-major, Bories, jeune el ardent adepte du libéralisme. il ne tarda pas à se rencontrer avec des membres du carbonarisme, et fonda dans le 45' une vente, où entrèrent avec lui Pommier, sergent-major, Jlaoulx et Goubi11, sergents. Lefèvre, soldat, d'autres oncore. En janvier 1821, ce régiment allait quitter Paris; les ca(bonari militaires se rencontrèrent à dîner avec des membres de ventes : Hénon, Barra<lière, avocat, Gouran, chirurgien à Beaujon, d'autres encore. On y prémédita de faire révolter le régiment. Puis Je régiment partit; pour son malheur, à Orléans, Bories, provoqué par un sergent suisse, se battit el fut, de ce chef, mis en prison. Pommier prit à sa place la présidence de la vente. Sur la route, Bories se confia à tort à diverses personnes, si bien qu'en arrivant à La ltochelle, une partie du complot élail soupçonnée. Le sergent-major Goupillon,' mis au courant, se trahit devant un tiers el, elirayé, dévoila tout. Précisément Pommier avait eu le Lort de donner un banquet au général Berton, recherch6 au mt}me moment pour une tentatil'e insurrectionnelle dont nous aurons à parler, et d'aller rendre visite à Leresche, intermédiaire de La Fayette. On l'arrête avec Raoul~ el Goubin· qui ont assisté au banquet. On ne sait alors ce qui s'est passé. Les accusés ont raconté que le gén6ral Despinois, qui les interrogea, avait simulé son initiation au carbonarisme, qu'ils s'étaient fiés à lui, el qu'il avait recueilli à Litre d'aveux ces confidences arrachées par la plus infâme des ruses. Ce géljéral, oité à comparaitre, ne se présenta jamais en justice. Pommier, llaoulx, Goubin n'avaient pas seulement dévoilé ce qui se passait dans Je régiment, mais tout ce qu'ils savaient el, par là, mis en cause les hommes de la vente supérieure qui se trouvaient à Paris el avec lesquels

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