René Viviani - La Restauration : 1814-1830

171, illS'l'OIR~ SOCIALJ!:5'1'E du complot, et du complot tnilitàlre : précisément lés carbônart avalent rait clans l'ar111êedes adeptes. La plupart cles ventes étaient militaires el groupaient en elles, avec un petit nombre d'otficier~, un nombre ).)lus étendu de sous-officiers, el quelques soldats. Ces ventes militaires, à qui le hasard des déplacements de garnison faisait sillonner la Franco, s'occupaient toujours, sur leur passage, d'en former d'autres. Bt ainsi, en 1821, les cadres inférieurs de l'armée prûlaiont leurs chefs obscurs ù la conspiration. Le premier complot formé rut celui de Belfort. Joubert, Bazard, Voyer d'Argenson s'y étaient rendus et, sO.rs d'un régiment, avaient form6 le projet do prendro Belfort, puis de donner là main ù la vente de Mulhouse, qu~ Kœklin avait fondée, de se Joindre à ln vente de Strasbourg el, dans celte ville forte, de hisser le drapeau tricoloro et d'alLendre. Le 24 d6ecmhré 1821 était la date de l'événement, mais col événement rut reculé. La Fayette s'étult engagé ù se présenter à Belfort pour former avec Voyer d'Argenson et Kœklin un gouvernement provisoire. i\lais il fut retenu à son chO.teau de Lagrange (t;eine-et-Marnc) par la commémoration de la mort de sa femme, décédée là le 24 décembre 1807, des suites de la maladie par elle contractée da,;s les prisons d"Omulz, où elle subit héroïquement la même captivité qne son mari. On ajourna la rôvolto au 1" Janvier; La Fayette so met ell route avec son fils Georges. A Belfort tout est prêl : les conjurés sont tellement certains du succès qu'ils revtllent co jour-là, dans un banquet, les uniformes bannis el la cocarde tricolore. C'est le colonel Pailhès qui doH agir, colonel en demi-solde; toutes les dispositions sont prises. L'adjudant 'l'olller donne l'ordrn à toutes les compagnies de mcllre la pierre aux fusils el de se tenir prùles pour la nuit. Mais voilà que loul s'écroule : un sorgenl que la confidence n'avait pas touché demande des ex!Jlications le soir môme à un capitaine, qui en réclame à son colonel, qui prévient lo major de la place. On décommande les mesures; on arr0to quelques-uns des conjurés qui s'enrutant; on arrôlc Pailhès, lluchey et Dublar. Mals pondant cc tomps, ta ~'ayotte, son ms, Voyer d'Argenson, l\lanuel s'avancent. M. Bazard se pr6cipite ù leur rencontre, arrMe La Fayelto à quelques lieues, fait bifurquer sa voituro, qui maiùlCnant roule sur Gray, et va chercher un abl'i chez un ami; les autres personnes qui le $uivaienl, parmi lesquelles était Ma11uol,furent averties. Pendant qu'on instruisait le procès de !Juchez, Dublar el Pailhès, une tentative fut faite pour leur délivrance. Elle avait à sa tête l'ex-colonel Caron, acquillé dans la conspiration du i9 août en même temps que Pailhès. Caron se confie à un ancien orlioier, J\oget', et il un sergent en activité, Delzaivo. Ce dernier trahit les confidences de Carou; mais les autoriloe, âlln d'avoir on mains outre chose qu'un témoignage, méditent d'attirer Garon dubs un piège. Delzaive raverlit qu'un escadron va aller le rojolndre; oO:ectivement Caron, sur ln roule de .Mulhouse, trouve des homllle8 qui le rallient avec lo cri de • \'ive Napoléon 1 "· li prend le commundemenl; la pelire lroupe

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