lllSTOinE SOCl.-\LlSTE 167 plaçaienl le pouvoir sur la· tète du monarque el assimilaient la Chambre à une assemblée capable seulcrnenl de donner des conseils que le roi n'était pas contraint de suivre. Ceux qu'on appela d'aLorJ les indépendants, ensui le les libéraux, étaier.l loin d'offrir aux rt•garJs celle unité de doctrine cl d"acllon. Que voulaient-ils? Chaque interrogation adressée ù deshommesdilîérenls risquait de recevoir une réponse dHTtirente. M. de La Fayette pensait à restaurer les l rincipes de i780, penchail à une monarchie conslilulionnelle ou à la nëpublique, rnlon les jours, el la mollilit6 des événements dont il avait él3 lïnfaligable témoin semblait lui avoir communiqué la mobilité des idées. Jusqu'à la République allail fièrement el stlrement Voyer d'Argenson, qui, seul, el le premier, dans ce parli libéral, entrevoyait un problème supérietlr au problème des formes politique; et sïnquiélail, avec une curiosit61 plus généreuse qu<' bien vr Ion née, du sort des misérables. Manuel était dcl'enu républic.iin. M. Casimir Périer étail ruyaiiste; M. Laffill•J élail à mi-chemin de la Rc1,ublique, l'un el l'Julre prêl5 à soutenir le ré 6 ime qui, une fois réservées certaines libcrlé,, a,surerail un appui aux int6r0ls. Benjamin ConsLmt, qui avait fui la tyrannie de fü>naparle, élail un républicain. Mais le groupe des libéraux contenait en lui une foclion assez forle consliluée 1>ar les anciens serviteurs de l'Empire, et qui n'avaient pas renié les i lées d'autrefois. Ceux-là penchaient pour un rétablissement militaire qui donnerait quelques garanties à la liberté, el le général l'oy fui l'ardent inlcrprèle de cc, pensées. Ainsi, dans un groupJ restreint, plusieurs co:ic •plions se taisaient jour. Les uns voulaient limidemenl la République, dont ils n·osa ienl prononcer le uom; c~ux-!à, la monarchie conslilulionnelle; l~s derniers, Napoléon li. C'était là l'incurahle faible,se de ce parti, qui n·otrrail que des velléités à la ferme et féroce volonté de la droite. Certes la diversité des opinions enrichit :rn parti, el ce sont par elles autant de lumièr~s diverses qui le viennent réchacrru et éclairer. Mais il faul qu'il y ail un parti, c·cst-àdire un principe, el que ce soit sur l'application dece principe que les hommes dbculenl. Or, là, il y avait trois ou qualre partis, en dés11Ccordsur le principe, el qui ne se rassemblaiPnl que pour tenir en échec les pro positions de de IJ droite. C'était une opposition. Mais qu'est-ce qu'une opposition qui ne réYèle paspar avance sa puissancti de gouverner? Le p~y s apercevait le Iide derrière celle admirable laçaùe, él c'est là la raison qui tout en laissant au parti libéral Je preslige que cùnquerronl toujours l'éloquence el le courage, tout en mettant à sa di.position les irriWlion, soudaines ou prùlongées d'innombrablee mécontents, ne lui donnera pa, la force el la coMsion d'un ,·érilable parti. JI faut dire que la droite recevail de l'ex lérieur une direction unique qui laisall sentir son frein jusqu'au milieu des plu s déplorables violences. C'était la di~clion de la Cougrégalio:i; nous avoos a ssisté déjà à la lorrnalion, dès 1815, de celle Congrégation, d'aLord simple cercle d'èludei el de conlro-
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