René Viviani - La Restauration : 1814-1830

166 llJSTOiflE SOCIALISTE politique rétrograde cl violente, où toutes les passions de 1815 éclatèrent, et gui, pendant huit années, sauf un court réveil do l'esprit libéral, dPvait accumuler en France les regrets, les colères, les vengeances, ouvrir inccs- ~arnment et sûrement la voie aux lentes réparations. CHAPITRE XI LE MINISTBRE DE VILLÈLE. - LA CONGHtGATION ET LES SOCIÉTÉS SECRtTES ta situation des partis. - La confusion dans le programme libéral. - La précision dans le programme ultra-royaliste. - La Congré~alion. - Les sociétés qu'elle fonde. - Son action sur le Parlement. - Son action sur l'enseignement. - Elle introduit auprès du roi une favorite. - }lm• du Cayla et Louis XVIII. -Les carbonari. - Les Chevaliers de la Liberté. - Les deux conspirations militaires de Belfort. - Exécution du colonel Caron. - Les délateurs militaires reçoivent le prix du sang. - Les quatre sergents de la Rochelle. - Impuissance ùu carbonarisme à Jcs sauver. - Leur motl. - Les deux conc.pirationsmilitaires de Saumur. - Exécution du général Be, ton et autres. - Condamnation à mort. - La chute du carbonarisme. - Ses causes. - Rôle de li. de La Fayette. - La fin des complots. - Leur inutilité politique et leur utililé morale. - Double session de 1822, - Suppression de la liberté de la presse. - Elections. - Nouvelle méthode budgétaire, On connallrait mal l'action des partis pendant la Reslauralion si l'on se contentait de jeter les yeux sur la Chambre des députés. ~lôme en tem;i, de démocratie, alors que la représentation est vraiment nationale par son ampleur, le seul ,1,ectacle de la Chambre ne suffit pas à informer la juste curiosité. A plus forte raison dans une monarchie étroite, où l'act_ionparlementaire intéressait à peine quelques milliers de privilégiés, est-il nécessaire de regarder d'un peu plus près le pays. Les pa1lis, comme à la Chambre, y étaient fortement hostiles les uns aux autres, et toute chance de transaction eût élé impossible enlre ces factions diverses. Pour bien des molits cependant, l'ultra-royalisme dominait. D'abord il prenait la sourc,: de sa puissance dans la grande propriété, à laquelle une loi imprudente avait imparti toutes les prérogatives politiques. Quand à l'influence sociale basée sur la richesse vint s'ajouter, par l'insouciance de M~I. de Richelieu et de Serre, ensuile par la ferme volonlé de 11. de Villèle, l'appui gouvernemental, la to:alilé de l'influence, celle de l'argent, celle du pouvoir, fut remise aux ullras. Mais il faut, pour être jusle, rappeler une autre raison de leur prédominance : elle était tout entière dans la simplicité de leur programme et l'uniformité de leurs désirs. Les ullras, en elîct, voulaient la royaulé, la voulaient sans parlage, défendaient à la dignité royale de se commettre dans une charte olîerte,

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