René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOCIALISTE 001 deux races, la Révolution et l'émi;:ration, et dans un cadre effrayant, parmi les ruines de Paris et devant l'étranger. Cepe~danl, le défilé terminé, et comme le soir venait, Alexandre el le roi de Prusse se retirèrent pour se retrouver un ;:eu plus tard. Le roi de Pru,se avait pris pour y résider l'hôtel du prince Eu,;ènc, rue de Lille. 42. AlexandrP., sur les instantes prières de Talleyrand, avait accepté de s'aller reposer chez lui après la revue, el cela pour donner à Talleyrand une marque de con-. fiance, fortifier son amitié, lui permettre de parallr~ aux yeux de tous le maitre des événements auxquels, d'ailleurs, il était soumis. c·esl 1:i, dans l'hôtel de la rue Saint-Florentin, dan~ cc salon célèbr~ où s'étaient déjà esrnyées tant de combinaisons, que la diplomatie internationale allait maintenant régler le sort de la France. c·esl là que les intrigues de la co il ilion el les intrigues royalistes s'allaient rejoindre, que les intérêts politiques el les intérêts mercantiles, les convoitises, les terreurs, les ingratitudes. l~s trahisons, toute la pourritur~ élégante qu·a,·ait pu engendrer et couver le despotisme allait enfin s'étaler au grand jour. Les royalistes attendaient tout des allié,. Quel élait l'Nat d'esprit de ces derniers? Leur étal d'esprit avait subi toutes les rnriatio ns drs événements el toutes les oscillations de la con<1uête. Il ne parall pas douteux que quand, après Leipsig, la coalition médita de saisir les arme, el de continuer la guerre, elle ne voulait que la guerre, l'olfonsive violente contre Napoléon, et, s'il se pouvait, imposer à son insolence meurtrière un exemplaire chitliment. A ce moment, rien ne révèle parmi les alliés le sourd travail d'intrigue par lequel les Bourbons auraient pu essayer de les gagner à leur cause. Les princes, vieillis, aigris par l'exil, médiocres hérilicr, <l'un trône brisé, avaient fait piètre ligure dans les cours étrangères, et notamment l'impression causée à Catherine II cle Russie par la frivolité ,•anileuse du comte d'Arloi, avait élé détestable. Les alliés s'armaient pour eux-mêmes, pour se défendre, pour profiter de l'épuisement de la France, de la dislocation des troupes bigarrées que Napoléon avait J,,vées en Europe, pour prendre des garanties :;crieuses contre le retour de cette ambiti ,n forcenée. El môme ils ne tenaient pas à la guerre el, comme toujour,, redoutaient le choc de :Sapoléon. Voilà pourquoi ils lui olîrirenl d'abord de traiter, prenant pour base de leurs propositions l'abandon des conquêtes exorbitantes, la fin des protectorats el des royautés, l'élablis,ement de la France dans ses fronti~re.; naturelles. Au rerus d~ Napoléon, il.; avaient pénétré en France avec une aisance qui les surprit el qui accrut leurs prétentions. Celte fois encore ils veulent traiter, mais retrécis,ent autour de la France le cer.te des limites. ;-(apoléon délègue ses droits à Caulaincourt, le relient, le pousse, le cvuvre, le désavoue, soumet le Congrès de Châtillon aux mille péripéties de ses espoirs et de ses désillusion,. Les alliés avancent, il5 avancent dan; uu pays dé,e,·L, où le spectacle se révèle à eux de la las,:Lude générale, et, lù encùre, à quelques

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==