602 HlSTOlnE SOCIALJSTE marches do Paris, ils ne savent quelle conclusion politique, peul-être, quelle conclusion militaire ils donneront à une campagne dont cependant l'issue ne leur para!Lpas douteuse. A la vérité, les alliés étaient d'accord sur Napoléon, point d'accord sur son succes,-eur. El celle oscillation perpétuelle, celte absence de plan po-itif, tout cela avait déjà communiqué, non seulement à leur diplomatie, mais à leur action militaire, une hésitation dont Napoléon ne sut pas se servir. C'est il ce moment précis que les diplomates de la coalition reçm"nt la visite d'un ambassadeur royaliste, M. de Vitrolles, et que la forte impres,ion qu'il leur communiqua décida, on peut le dire, des événements. )1. de Vitrolles était un royaliste ardent, né en 177,1d. ans les Basses-Alpes, dont la jeunesse s"était écoulée parmi les émip;rés, qui avait été lieutenant à « trois sous par jour» dans l'armée de Condé, qui arnit reçu là la leçon cle~faits cl la leçon des hommes, et ne devait jamais les perdre. Marié avec la fille adoptive de )!•• de Bouillon, ~1 11• de Thrrvillc, de famille allemande depuis la révocation de !'Edit de Nantes, il avait goùlé les charmes du repos ùans une somptueuse aisance. Cependant Je voici revenu grâce au Directoire. Son ancien maitre d'armes, devenu prince de Ponlécorvo, le fait rayer de la liste des émigrés, et il accepte l'Empire, reçoit de l'Empire des faveurs, devient conseiller général du département des Basses-Alpes, maire de Vilrolles, baron. Mais il ne s'était que résigné à cc, faveurs et gardait en lui la nostalgie de l'ancienne cour. Il venait à Paris surveiller les rares intrigues royalistes qui, sous l'œil exercé de la police impériale et dans l'attente d'un châtiment certain, osaient se mc,uvoir dans J'ombre ou emprunter aux con,·ersations frivoles des salons une apparente innocence. Homme d'action, il ét,dl rebuté par sa propre impuissance. La conspiration de tialet l'émut comme elle émut, jusque dans son avortement, les hommes même il'une perspicacité secondaire. Qu'avait-il fallu, en effet, pour qu·eue réussit? Un hasard. Et ainsi la preuve était faite que ce gournrnement formidable élait précaire, que l'Empire a,·ait un homme et n'a,•ait pas d'à.me, qu'il suffisait d'une absence, d'une ~aptivilé, d'une défaillance de l'empereur pour que fôt vulnérable la puissante iuslitu'ion. Plus d'un royaliste reprit courage à ce moment. Après Leipsig, Vitrolles revint à Paris. Cette fois, il ne le quittera plus que pour l'action, el cette· action, voici comment il la prépare. li élait lié surtout avec M. el M·• de Durfort, avec le duc :te Dalberg, Allemand, propre neveu du coadjuteur de l'archevêque de Mayence qui, par orùrc de Napoléon, avait rctu quatre millions d'indemnités, et qul allait lui manifester sa gratitude. Dien entendu, Dalberg élait lié avec 'l'alleyrand qui se mêla à ces intrigues d'assez loin pour n'être pas enseveli dans leur échec, d'a,sez près pour tirer à lui leur incertain profit. Ce petit cercle d'amis devenait le foyer de la conspiration royaliste. Vitrolles se désespère à voir J'inac.
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