René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOCIALISTJ.: 131 accepta la rente de 50 000 francs el la transmit dédaigneusement aux hospices de Bordeaux. En dépit ûe l'opposition de M. de Villèle, le baron Louis put foire·voter â la Chambre le changement de point de départ de rannée fi11ancière, la reporter au 1tt juillet, el éviter ainsi l'abus des douzièmes pro,isoireJ rendus nécessaires par la tardive réunion de la Chambre et qui dé,organisent !"administration. JI y aurait beaucoup à dire sur cette modification encore réclamée de nos Jours, car la Chambre des Pairs refusa de l'admellre, et, sans élever ici un débat financier, on peut soutenir que peut-être les i11convénients des deux systèmes se valent el se neutralisent. Cependant, la situation du cabinet, si elle élail solide à la Chambre, était, au contraire, bien fragile à la Chambre des Pairs. On se retirait de lui. La retra:te de M. de Richelieu était la cause de la dé-affection dont le gouvernemen( était l'objet. Il y avait à la Ch1mbre des Pairs un groupe assez nombreux, qui évoluait par les mains du cardinal de Deausel, archevê,jue de Paris, et comme celui-ci était lïntime ami de M. de Richeli!u, il lui avait toujours assuré le fidèle concours de cette docile cohorte. Mais M. de Richelien parti, sa présence ne garantissant plus la modération de la politique libérale el M. Decazes étant soupçonné d'avoir semé dïntrigues la roule d~ son collègue, !(\groupe rerusait son appoint. Celte situation ne put échapper à M. Decazes, davantage homme d'expédients que "de principes, et qui vil tout de suite le rn·t qui l'attendait. Son mérite rut cependant de demeurer ferme. Le; protestants de Bordeaux se plaignant, dans une pétition émue adressée à la Chambre, que !"éducation catholique fOt, dans les écoles de !'Illat, imposée à \ous les enfants, la Chambre, malgré la droite, avait renvoyé ces pétitions au ministère, s'élevant par là-même contre le sectarisme des prêtres et affirmant sa confiance dans le cabinet. Mais la Chambre des Pairs allait agir. Depuis quelques jours le parti de~ ultras, matlre de la Chambre Haute s'agitait; il cherchait le terrain où, stl.r de la victoire, il pourrait appeler le cabinet, et ensuite l'homme qui, sur ce terrain, Jetterait le premier défi. La question fut vile résc,Jue. S'il était une loi abhorré des ullra,, par eux maudite, c"était la loi électorale, et dans le court rapprochement opéré entre M. de Villèle et M. de Richelieu, l'abrogation de celle loi avait été une des conditious, acceptée à demi, du pacte nouveau. c·est à cette loi que les u1tras attribuaient tous leurs échecs : par elle le pouvoir politique était descendu des mains de la haute arhtocralie foncière aux mains de moyens propriétaires, et voilà ce qu'ils ne pouvaient pardonner, encore moin, que la dissolution du 5 septembre 1816, à 1,1. Decazes. Ce qu'il fallait faire, c"était modifier proron lément cette foi né'aste. Qui en ferait la première propo,ition? On découvrit un vieillard obscur, ancien directeur de la République, puis sénateur, puis pair, qui avait voté la loi, mais que ce souvenir importunait peu, M. Bnthélemy. Et

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