René Viviani - La Restauration : 1814-1830

130 HISTOIRE SOCIALISTE CHAPITRE VIII •U: Ml~ISTSRE OF.CAZES • La session 1819-1820. - La pension Je M. de Richelieu. - La Chambre des Pairs combat le ministère. - M. Dcca.ies lui répond en nommant 64-pairs nonTeaux. - Succès Ju Cabinet à la Chambre. - La loi électorale maintenue. - La loi sur la pres,e volée. - Évolution vers la droite de M. de Serre. - Rupture avec les libéraux. - Le cabinet divisé. - Il souffre les missions cléricales à l'intérieur. - Poursuites de presse devant le jury qui acquitte. - Élections de septembre t8t9. - Le comenlionnel Grégoire élu dans l'Isère avec l'appoint des ultras. - Colère de la Cour. - M. llecazes veut reprendre la loi électorale. - Démissions de Gou- \'ion-Saint-Cyr, Louis, Dessolle. - Grégoire est exclu après un violent débat. - MeurlTe du duc de Berry. - Exploitation théâtrale de celle mort. - Violentes accusations contre M. Deca.e,. - ~!. Decazes multiplie les projets rélrogrades. - Ultimatum de la famille royale. - Le roi cède: départ de M. Decazes pour l'ambassade de Londres. - Jugement sur son rôle. C'est seulement le 28 janvier 1819quo s'ouvrit cette s,41Bion où tant de colères devaient se rencontrer. Un incident initial montra toute l'étendue de cœur el d'esprit des ullras exaspérés par de cuisantes et successives défaites. M. Dele,serl avait pris l'iaitjative d'une proposition tendant à remettre un majoral de 50000 francs de revenus à M. de Richelieu qui était pauvre; en fait, il vivait du produit des diamants par lui reçus des souverains, el dont ses sœurs, auxquelles il les avait lendrement donnés, avaient opéré à son profit la vente. Ce majorat devait être pris sur les biens de la couronne. La proposition était maladroite à un double point de vue : d'abord, au point de vue rolitique, les indépendants élant les ,adversaires des maJo• rats ·ae pouvaient les consacrer; ensuite, au point de vue juridique, les biens de la couronne étant inali6niables pendant Ioule la durée du règne. Deux oppositions se renèonlrèrerlL donc sur cette proposition: celle de Manuel et celle de Villèle. .Manuel montra l'immoralité du majorat, rom.Pant dans la famille l'égalité des partages, el permellanl au titulaire de frustrer ses créanciers. Villèle déclara qu'on ne pouvait lever l'inaiiénabilité par une loi el tous deux avaient rai;on. Le débat traina sans dignité, sans ampleur, d'autant plus douloureux pour M. de ll.ichelieu quïl 'n'avait rien demandé. Enfin, M: Courvoisier mil d'accord les royalistes et les indépendants en proposant de déclarer les biens du majorat reversibles au domaine de l"Etat, à défaut d'héritier direct de M. de Richelieu. On accueillit celle transaction, contre laquelle protestèrent, en s'abstenant, les ullra-royallsles, qui ne pardonnaient pas à .M. de Richelieu l'ordonnance du 5 septembre. Celui-cl

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