René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOCIALIST~ tW ril'al. Pr~cisémenl ce rival ne le pouvail plus être, ayant rempli sa tâche, et vivant dans un monde où la gratitude pour les services rendus n'égale jamais l'espérance des services à venir. M. de Richelieu, lui, voulait donner à la polilique ane orientalion nouvelle. Il fallait que hl. Dec ,zes parlll: mais commenl le décider? M. de Richelieu se rap; rocha de; royalisles qui lui impo;èrenl des conditions de per;onnes et des condition; législ ,lives très lourdes. M. de Richelieu ne les put toutes accepter : l'dlliance fut donc rompue. Entre temps, M. Decazes, qui sentait la Chambre hostile au ministère de la Police, el qui voulait le supprimer, désirail remplacer à l'Inlérieur M. Lainé el lui réserver la Justice dont le titulaire, M. Pasquier, retrouverait le ministère de la Maison du roi. M. Lainé refusa d'accéùer à celle mo• diflcalion el, après une inutile réunion chez le roi, il fallut, sans prendre un parti, ouvrir la séance de la Chambre. C'était le 10 décembre 1818. )1. Corvello seul, épuisé el écœuré, avait cédé sa place à M. Roy. On se réunil à nouveau le i'i!, chez)\. de Richelieu. Là encore, celui-ci n'ose pas réclamer ouvertemenl ce qu'il déoire, ce que sera le pacte a,•ec la droite, c'esl-à-dire la modification de la loi électorale. Tous se réservcnl, allendanl l'élection des bureau, où l'on pense que les Chambres feront connaitre leUt· volonté. Elles manifestent, en efTel, contre le cabinet, el )1. de Serre, qui était présidenl, n'esl pas réélu. Il faut donc que M. Decazes parte 1 Mais il agil si ,ile et si bien que les vice-présidents élus pur la Chambre sont favorilbles au cabinel. .. Alors li. Molé se relire, entraine M. de Richelieu, lequel entraine M. Laiué, lequel est suivi par ~I. PJsquiér. De son côté, M. Dec.izes ne veul pas demeurer. Le roi se trouye le 20 décembre ;,ans cabinet. Il fait effort sur li. de Richelieu: celui-ci accepte de prendre le pouvoir, mais il lui faut l'exil de ~I. Decazes qui partira en ambassade à Londres. M. Decazes consent, mai; préfère aller à Libourne. M. de Richelieu transige .. Il ofTre les portefeuilles vacants à ses anciens collaborateur,. Mai, M. Lainé refuse de faire modifier la loi électorale gui est son œuvre. Plus de ministère! Une autre combinaison où p6nèlre une soirée Cuvier s"effondre. M. de Richelieu a terminé son œuvre : le 27 décembre, il redemande sa parole au roi. Restait M. Decazes qui al tendait son heure et donl le cabinet était pr<lt : il sonde le général Dessolles, gui, sans avoir sur le tzar !'influence de ~I. de Richelieu, lui est sympalhi1ue el, rassuré de ce côté, lui fait ofTrir la prê;idence du Conseil, sans aborder MacJonald ou Marmont que le duc de Riclle1ieu avJil indiqué,. On se réunit, on appelle M. Dtca,es qui prend l'lolé• rieur, place M. ùe Serre à la Justicé, M. Portal à la Mari11e, M. L0uis aux Finances, Gou1ion-Saint-Cyr à la Guerre. L'ordonnance qui porta otflciellement à la connaissance de tous la nouvelle de la formatio~ miulstérielle est du 29 décembre. L'année 1819 allait s'ouvrir el se refermer sur ce ministère.

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