IIISTOIRE SOCIALISTE 121 resté seul, est sommé de laisser sa liberté à ta justice du roi. Et celle justice est prompte. Quelques jours après le soulèvement, quatorze condamnés sont exécutés, puis d'autres encore. Au mois de septembre il y avait eu vingt-huit exécutions. El la cour prévôtale allait entreprendre Je jugement des accusés de Lyon. Au milieu de celle débauche de violences, seul, ~1. de Sainneville gardait son sang-froid. Il fait une enquête, en communique les résullals à ~- Decazes, le supplie d'arrMer le cours de ces furies. M. Decazes el M. Lainé hésitent. Cependant la lecture de quelques dossie,s les émeut, la pensée que le chttliment, s'il fut juste, se perd lui-même dans l'excès, leur vient et ils donnent mandat au maréchal Marmont d'aller s'enquérir à Lyon. Quoique gênée, dès le début, par les intéressés, l'enquête du duc de Raguse fut complète et impartiale : elle mit à nu la fourberie scélérate de Canuel et la lâcheté du préfet. Le minislère arrèla les poursuites, lerma la cour prévôtale, grâcia les condamnés à trois ans de pri3011, mais, par respect pour une chose jugée qu'il savait criminelle, maintint, tout en les atténuant, les autres condan;nalions el fit payer les amendes. Épuisé par cet acte de molle vigueur, il n'eut plus de force pour châtier les coupables: M. de Chabrol fut déplacé, le général Canuel, dessaisi du commandement, mais nommé baron et inspecteur général de lïnfanterie. A Alençon, à Borùeaux, des exécutions capitales; à Pari5, J'exéculioh par les armes de ùeux sous-officier, du 2' régiment de la garde royale, au besoi11, auraient·rnffi à dé111onlrcr que le pouvoir ne se relO.chail pas. C'était toujours le même syslème d'éq~ilibre, au nom duquel on résistait aux p1étenlions ultra-royali,tes toul en e~agéranl la sévérité. Tout puissant, tout heureux des sourires de la fortuoe, M. Decazes, modillant encore le cabinet, mettait M. Pasquier à la place de l'incapable M. Dambray, et le maréchal Gouvion Saint-Cyr à la place du ministre de la Marine Dubouchage; puis le maréchal, remplacé à la marine par M. llolé. entrait à la guerre dont partait Je duc de Fellre, le médiocre et incapable soldat, qui, chargé de la reconstitution de l'armée, laissait toute la tâche à un successeur qui en sut remplir l'ampleur. Au mois de septembre avait lieu le renouvellement partiel : c'est alors que prit part à la lutte un nouveau p3rti, le parli iudépendant, qui de• vint plus lard le parti libéral. Jusqu'ici les hommes de ce parti étaient perdus parmi !es royalistes attachés à la Charte el qui avaient répudié le~ füreurs des ultras : c'étaient M. LalflLle, Voyer d'Argenson, Jouy, SavoieRollin, de Grammont. ~'urenl élus: Casintir-Périer, Bignon, Dupont de l'Eure C1umartin. La Fayette fut battu, ainsi que Manuel'. Ce parti était représenté par 25 doputés et se mêlaient en lui les défenseurs attardés de la fortune napoléonienne, les élus libéraux, el, sans se parer encore du titre, un socialiste, Voyer d'Argenson. li y avait 75 ultras et 155 royalistes minislériels. Comme on le voit, c'est contre les ultras que les élections s'étaient faites.
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