I 122 HISTOIRE SOCIALTSTB Le 4 novembre 1817 vit la nouvelle réunion de celle Chambre où, a!Taibli, par tant de perles, les ultras allaient cependant continuer le combat. Leur roge impui~sante eut une première occasion de s'exercer : le maréchal Gouvion Saint-Cyr avait mis sur pied une loi de recrutement. On sait comment se formait l'ancienne armée: elle était, pour les soldats, conslituée par la le1ée el par l'enrôlement; pour les officie1s, jusqu'au grade de colonel, par l'élection pour un tiers, l'ancienneté pour un tiers, le ~hoix pour l'autre tiers. (Décret de la Convention abrogeant, le 4 avril 1705, la loi du 29 octobre 1790 qui avait tout remis à l'ancienneté). Le maréchal consliluail sur d'autres bases l'armée : l'artillerie el la ca1alerie devaient êlre composées d'engagé, volontaires; l'infanterie (140 000 hommes) devait être constituée par le recrutement. Toul Français âgé de vinglaosdevail six ans de service à moins qu'il ne se fit remplacer. Les grades étaient accessibles aux sousofficiers el un tiers des sous-lieutenances leur était remis, les deux autres tiers -élaieut réservés au î écoles militai rcs. On ne devait accéder à un grade su, érieur qu'après avoir séjourné quelques années dans le g, acte inférieur. Le choix se manife,lait pour corriger les défauts de l'ancienneté. Enfiu une milice con,lituée par les soldats, au sortir du régiment, était créée sous la forme d'une compagnie par canton : elle devait durer six années et n'être astreinte qu'à un service pur,'ment local, Si celle loi .vait le tort de supprimer l'élection, si elle avait le tort de re1 oser sur le remplacement, rnr • la traite des blancs », comme dira plus tard M. de Bonald, elle avait de sérieux avantages: elle fixait le soldat sur son sort: pris par le recrutement, il 1artait; écarté par le tirage au sort, il ne parlait pas, el ainsi tombaient les incertitudes qui durèrent sous tout l'ancien régime et sous l'Empire, alors que nul ne savait si le lendemain il ne suait pas appelé et quand il reviendrait. De plus, il déracinait la faveur ; autant que cdte plaie du régime d'injustice pouvait disparaitre, elle disparaissait; on ne devait plus voir les folies de Dupont el du duc de Feltre donnant des grades, distribuant des galons, écra~ant sous de pauvres médiocrités les vieux services el les honorables titres. El)fin, une armée était fondée en face de l'Europe ùont l'armée d'occupation allait quitter le sol. Or, celle armée étrangère était imposée à la France pour calmer les ardeurs hostiles à la royauté, et une des conditions de son licenciement c'était qu'une armée française pr!l sa place. Mais ce dernier avantage importait peu aux ultras. Ils souhaitaient, au contraire, le maintien de celte armée d'occupation dont cependant chaque budget rappelait à la France la lourde el coùteuse présence el qui dévorait cent trente millions par année. Toul leur était supportable, sauf celte loi qui allait porter atteinte au privilège de caste. Quoi I une loi électorale volée le 5 février i8i7 avait déjà ravi aux grands propriétaires l'influence sociale el politique pour élever à leur hauteur le privilège moyen des petites
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