120 HISTOIRE SOCIALISTE passions bestiales de la Chambre introuvable, occupaient encore leur emploi. D'où des trahisons quotidiennes, des détachements qui ruinaient peu à 1eu un pouYoir trop confiant. Cependant M. Decazes eut la perception du péril dans les incidents de Lyon. Lyon était militairement gouverné par le général Canuel, le triste héros des vengeances vendéennes. Envieux des litres et des lauriers qui avaient été décerné; à son voisin de garnison, le général Donnadieu, pour lei exécutions sommaires de Grenoble, Canuel imagina des complots. Cinq rois de mite, au mois de juin 1816, il dénonça aux autorités civiles des complots dont la première constatation montrait la vanité. li faut dire que le commissaire général de la police était M. ~é Sainneville, émigré vieilli, mais de con~cience droite et d'esprit nel, et le 1ré'.'et, )1. de Chabrol, qui, a,ec lui, résislail à toutes les lentalives. Ce qui accuse bien le caractère policier de ces provo~alions,. c'est qu'une nuit un capitaine nommé Ledoux, dont le zèle pour les complots ne se ralentissait jamais, fut vu par ses complices qui le surveillaient entrant chez le général Canuel, rut tué en pleine rue, à la sortie, sans que, de peur de révélations, ce général fil ordonner une enquôle . .Mais l'émotion publique élail portée à son comble par ces provocations. De plu~, quelques personnes à Lyon et autour de Lyon, croyaient vraiment à l'existence de conspiration,. Or, comme une ,ourde colère contre un régime pareil animait bien des consciences, comme l'occupation étrangère souillait toujours le ~ol du pays, co·r.me la vie publique était le lot de quelques hommes riches el que l'e,pr;t pu!Jlic ne trouvait pa; à se répandre, celle croyance fut néfaste. Du moment que l'on conspirait, c'est donc qu'il y avait de nombreux el vaillants champions d'une autre cause que celle des Bourbons I Ainsi, un soir, une de. ces étincelles fin il par amener l'explosion. Oh! ex~losion discrète et combien timide! Dans quelques villages autour èe Lyon, quelques habitants se réunirent pour se concerter, le tocsin retenti!, el ce fut tout. Un seul coup de fusil fut tiré - un seul I El, de l'aveu même de l'au lori lé militaire, il ;ufilt - comme à Grenoble - de quelques soldais pour ramener instanlanémenl le calme. Les autorités reçurent donc, en même temps, la nouvelle de l'inoffensive sédition et de rn fin. · On pense si le générdl Canuel fit e!for'l pour cacher sa joie. Malheureusement, M. de Sainneville était à Paris. Le préfet, écra,é sous le poids d'une réalité qu'on exagérai!, se rendit, el deux cent quinze arreslalions lurent opérées à Lyon el trois cents aux alenlours. Tout de suite la cour prévôtale ouvre ses sanglantes audiences, On di vise en douze calégories les accusés, un~ catégorie par village suspect et une pour Lyon qui ne fut pas troublé, mais d·où l"ordre, disail-on, était venu. On voulail garder les chers pour la fin, afin que, leurs complices étant frappés, leur sort fOL assuré. M. D,cazes renvoie à Lyon M. de Sainneville qui doute encore, mais qui,
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