René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOCIALISTE fl5 et, dans l'instant mème où il dé'plorail leur brutalité, il frappait ceux qu'elles avaient révollés. Qu'auraient pu faire de plus que lui MM. de Villèle, Cor• bière, La Bourdonnayet li n'est que juste cependant de rappeler qu'il n'était pas le seul matlre : la loi sur les coars prévôtales avait été voulue par la Chambre, et ces COlll'sétaient présidée3, comme les départements où elles fonctionnaient, par des émigrés impitoyables, bien prêts à le considérer lui• même comme un tratlre. Le pouvoi'r, emporté par les passions et les colères, ne put ou ne sut leur résister. li aurait pu tenter, pour son 'honneur, une résistance plus noble, et les événements qui vont suivre, la dissolution de la Chambre, le calme qui accueillit celle mesure, l'échec aux élections de la plupart des royalistes terroristes, démontra qu'avec de la volonté el du courage on eô.t épargné à notre histoire ces jollrs sinistres où l'on no' peut rien retenir qui élève l'esprit el élargisse le cœur de l'homme, CHAPITRE Vil DISSOLUTIONDE LA CRA!111RE - !UNISTtR'E D'E M. DE RICDELYEU Id. Decates el le roi. - La dissolution de la Chambre introuvable. - Succès électoral du cabinet. - O•verture de la session. - Loi électorale du 5 février 1811. - Nouvelle toi sur la liberté individuelle. - Les complots de Lyon et le général Canuel.- Élections de 1817. - Succès des indépendanls. - Vingt-huit exécutions dans le département du Rhône e\ cinq cent quinze arrestations. - Session de 1818. -Loi du recrutement. - Projet de nouveau Concordat. - La libération du territoire. - L'agiotage sur les emprunt!. - Congrès d'Aix-la•Chapelle. - Éleclions do t818. - Écrasement des royalistes ministériels et des ultras par les indépendaul!. - Élection de La 'Fayette et de Manuel. - Inquiétudes des alliés. - M.de Richelieu •• rapproche de la droite. - Divisions des ministériels. - Démission collective. - Le cabinet Decues. M. Decazes désirait ardemment la dissolution : comme pour enrayer le retour des hésitations, il avait modiftè le ministère et avait, par là, rendu dif!lcile toute rencontre entre la Chambre et lui. )fais ce n'était pas tout que d'être animé d'une volonté forte : il tallait gagner à la cause le roi, les ministres, les alliés, tuteurs avides de la fortune française el qui redoutaient que leur créance !'nt compromise. A vrai dire, le roi était assez irrité contre la majorité : il était impatient üe rejeter le joug pesant que dans son zèle elle faisait peser sur sa dignité, le conseillant, l'inspirant, écoulant ses vœux avec les propositions de ses ministres. Et surtout il n'avait pu accepter la formule 1njurieuse que toute la droite avait acclamée et mise en cir1 culation : • Vive le roi quand mèmc 1 • Mais cette irritation serait sans doute tombée avec le temps si un habile mlnbtre n'en avait attisé les feux. M. Decazes avait depuis longtemps em-e• loppé le roi dans la conjuration la plus aimable et la plus douce, On ne peut

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