René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOCIALISTE une débaucl;led'ai:bil.raire. Toules les vengeances privées purenl se satisfaire cl Ioules les rancunes s'exercer, la plainle d'un seu\ servanl de base à Il.li procès. Près de cent mille dénoncialions vinrent émouvoir une jus lice do11.lla main inlassable s'abaissail, se levait, s'abaissail ei,co~e<;omme pai: un geste m.écanique. El pas une plainte ne s'é.leval Aucune xoÎ.)c(. ourageuse ne Ot blêmir les bQmmes de sang qui se livraient à ces excès sur un pays san&défense. La Révolution, certes, avail fait des victimes, et tout le &aog qui cou.la par elle o.e fut pas uLilement ou juslement yersé ..M.aiselle avait au moins une raison dans la violence des cou,ps qui lui élalenl portés : les émigrés agitaient contre elle l'Europe; I:Angleterre tenaille tr~3or de guerre de la coalllion; les Prussien& éla.ient à Verdun. ];1 Ven lée en armes, Tou.Ion livré à l'ennemi. La Restauration était mat tresse inconlestée du pay,; ~apoléon confié au;, flots innombrables qui le gai:daienl mieux. que les balai.Jlons; une arm.ée de i50 000 hom)Iles sur le so1de la Fra.ace, el qui l'eQl garantie de tout acte poU;vanl compromellre le piiemcnl annuel des i0;dem.nilé,, et plus de treize mois s'étaie0;t écoulés depuis la c,b.ute de l'e;npereur I Tou.l était docile au régime nouveau, les magislrals comme les :naréchaux. Même., à la voixdu duc de Feltre, ceux-ci a,v.ticnl prélé 1~seument de lldéUté renou~ velé de l'ancien régime, et ces Oeusconquérants qui avaient cavalcadé à travers l'Europe avaient ploré le genou. La bassesse correspondait à la férocité. Pouu maudire el injurier les vaincus, la d.émagogie-des rues se joignait à la courtisanerie des salons, toutes deux fraternelles, comme la prostilution et la débauçhe. La presse a.ppcouvai.t, el le Joumai des Dd/Jat,s <ilWtjusque sous la main.dU;bourreau souiller fièremen.t les mourants. A.part les accusés, à part la ph.alan~e d'avocats, dont la vaUlance collecliive eflace un peu Ja, lâcheté- individu.elle de&avocat~ d.eBordea.u;(, nul n'éleva la Yoix pour rappeler la clémence. Même dans les anoées q;ui &uivirenl, les poètes qui daas leur âge- viril devaien.t trouver d'immortelles Oétrissures pour le- crime, Victor Hugo et Lamarlinti (te-dernien, il est vrai,. lbnclioonaii:e>d.u roi) ue purent, en pleine- jeunasse. quand la sensibilité n'est pas en.core émou11..<ée, acco~der leur lyre pollll en tirer de plai:nti.fsaccents. De toute cette furie- la ,esponsabilité rel!ombe p(esque tout ent.ière sur la Chambre intro1rnible. C'est elle qui ava,it pt:o,voqué JlllD ses excès, dans le pays tout enlier, des protestation:. et des séditions que le mJ,aislère se crut . obligé ensuile de noyer dans le sang. El elle est à, un autre titre responsabla , elle a excité à plus cœ sa-vérité que n'en elli montré le gou-vernemenl luimême. Dès le milieu de iSf6, ~1'. Decazes, chef réel du cabinet dont M. de Richelieu, d'ailleurs occupé à la lib:!ration du territoire, n'était qwi le président nominal, M.Decazes voulait dissoudre la Ch.11nbre.Mai; il redoutait l'événement el son lendemain; il crut devo~r montrer i.npiloyablo la main qui s'apprt'ltait à se montrer ferme contre les excès royalistes, allo de n'être pas accu&éde déserter la cabse du roi. li savàit les passions qu'il allait combattre

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