René Viviani - La Restauration : 1814-1830

JIJSTOIRE SUC.:IA.LlS'l'E 95 La vie politique éLail clone réservée comme un luxe de plus aux privilégiés de !a forlune, lesquels, comme on l'a vu, avaient trop d'intérêl à y pénétrer pour demeurer dédaigneusement sur le seuil. Toutes les Chambres de ta ReEtauration, ayec des différences daas le tempérament des hommes e1 la force numérique des partis, furent vouées à la même œuvre de spoliation 6conomique et en même temps aux pires violences politiques. Au <lébu.l, la classification des partis n'existait pas : si prolongé avait éLé le silence poliLique que les traditions par1emenlaires de la Révolution étaient .oubliées. La première Chambre de la seconde Restauration, formée des plus ardents et des plus implacables parmi les royalistes, se partage.a vile cepeu- <lanl en d.eux group,es principam, : d'une part, ceux qu'on appela les ultras, puis ,ceux qui furent les partis.ans des prerogati~es royules définies par la Charte. l\. côté d'eux, un groupe dont la puissance numérique fut aussi faible que fut fo!'ftesa puissance rmorale,le groupe des doctrinaires, dirigé par RoycrCollard, el une petite fraction ,qui flguraH timidement ce qu'on appela plus tard la gauche dans les assemblées. Le débat politique fut toujours le cème, sons des !ormes différentes, el l'on pourrait écrire l'histoire de la Res:lauration en deox ligll'eS : un parti croyait à la Gliarte et la d.éfendail, un autre avait feint d'y croine<et demandait au roi d'en finir avec ce :me.nsoage <ecmsUtutionnel. <Or,la Charte avait laissé en suspens deux questions : la loi électorale, la Hberlé de la presse. c:est autour d'elles que se Jivrrèrent tous les combats. Qnaet aux hommes., ils furent assez lents à se rauger dans le cadre -définitif d'un ,parti. Us y !furent aidés pa-r une insl>itution qui était née avec la Restauration, et ,qu'oo ,a appelée 'la Congrégation, quoiqu'efle n~ semble avoir eu, ·à ses débuts, qu'un lien >Lrils lâche avec les hommes des cone-rêgations. La congrégation (ut une sorte de cercle laïque et -parlementaire où se réunissaient quelques députés ultra-royalistes : la propagande individuelle <recruta ries adhérents assez .nombreux. On y trouvait MM. Sosth~nes de la Rochefoucauld, Jules de Polignac, Villèle, Corbière, -Chateaubriood. i()n se retrouvait le so'r, autour d'une ,table mal éclairée, et c'est là que d'abord on engagea les conversations politiques. Peu à peu, ces oonversalions s'érigèrent en tdiscnssions. Sous l'habile direction de Villèle, {)rompt à eipos;er, plus l)Œ'Ompetncore à Laire~on avis personnel, on se con- .œrtait. C'est .de ce pe.tit parlement où par a-vanceŒescoups étaient essayés gue sortit 1:o~nisation et la discipline du parti ultra-royaliste. Et oependaat iclest dans ijes .chambres de là Jlesta11ration, et dans les -premièties ,qne Cet fondé l'insllf,umenl <de oontrôle fimmcier qui est encore ;aux mains de la représentation nationale. On ne 'Sail si on doit l'en louer œr., comme on a pu <W>irl,'illiention qui anima la majorité n,e fut pas la libérale iuœntion qo'o.n !lui 'JIOUTraitrop lôl prêter. Mais un homme, qui ,est te bB110n Li(utis, mérile sur ce .point la gratitude i)anlementaire, car, minis-

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