René Viviani - La Restauration : 1814-1830

0-1 IIISTOtnE SOCJ...\LlSTE ~urvivaicnl des lémoins du grand drame, oo en ait élé, si éloigné. Ass urément, à tra1ers l'espace el le temps, nous sommes en ce mome,ü plus rapprochés d'elle que ne le fureut ses fils immédiats. Avait-eue emporté a vec elle toute l'audace? Napoléon glanant, après elle el pour une œuvre d 0 1UDbition, sur les sillons de vie, a-1-il, ensuile, emporLé ce qu·ene a,ail épargné? Peul-on expliquer ainsi la résignation de la nation? Celle-ci était abaUue; ceux qui relevaienl la. tête, à.mesure que le temps s'écoulait,' jugeaient avec: indulgence l'œuvre de !"Empire, el, gagnés par l'infatigable propagande que tous les ~oldals licenciés faisaienl partout, ils reconcillièrent le bonapartis me el le libéralisme, d'au&.anl plus indil!érents à l'œuvre naissante quoiquedébile, du parlementarisme, qu'ils étaient, par la barrière censitaire, te nus éloignés de la 1·ie politique. Alors on leur fil durement sentir Ioules les pointes dont les !ois decompressioo:. étaient a_rmées; au début, pour les attirer, on n·avait pa, ap pliqué la loi du 22 germinal an XL.. ~lais une ordonnance du 25 mars 1818 va remettre la loi en vigueur; cl.éj,, le livret est rétabli. On qualifie les coali lions « de manœuvres coupables dans le bul de se procurer une augmenta-- Lion de salaire•· li fallut, à la suite d'une grève raite par des ouvriers charpentier:>, que le patron fît connaitre il la police, dans les 24 heur.is, Jeuinom et domicile (18 juin 182"2 1 '· Ainsi la cla,se ouvrière fui livrée aut sociétés secrètes par l'e~cès même du de:;potbme bourgeois et, obligée de se répandre inlellectuellement et moralement, ne le pouvanl dans le champ trop étroit ré,ervé à la richesse, elle le fit dans l"olJscur cl funèbre enclos où s'agitaient tant de rêves : rêves de re5lauration bonapartiste el de restauration royale sur la Léte du ùuc d'Orléans, leolatives pour la liberté, au moins dans lïntention de leurs auteur,. tout cela réunit dans les loges, dans· les ventes, dans les sectio ns, !"acharnement des rancunes militaires et lïndomptalJle et iucon.ciente e spérance d'un prolétariat misérable. L,s ouvriers de celle époque n·ava ienl connu qu., lïnslructioo de la caserne, celle des camps, et aucune autre culture ne leur avait été fournie. La presse, qui était restreinte à quelques r euilles prh ilégiées, ne descendait pas jusqu'à.l'atelier. Le tirage montait à peine jusqu:, 1;;00:)e~emplaires, et les journaux se pas,ionnaient pour des problè mes étrangers it la classe onvriêre. Aussi peu à peu s·amoncelaienl les colères et les rancunes, l,•s espérances, les déceptions, tout ce qui élève el aigrit, mais tout ce qui ~auve !"homme de l'indil!tirence el de la servitude, tout ce qui devait faire exp'osion d"un seul coup sous un régime imprévoyant. Un is à quelques hommes de la bourgeoisie, les ouvriers maintinrent l'obscur dé pôt, le dépôt rncrii des saintes révoltes el ce sont eut qui, de leur, pauvres ma ins. ont ouvert la voie douloureuse el immortelle par où le progrès humai n a pa~-;P.. i. Lensseur. llistoire de, Classe, ouv,;t,•u.

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