Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

!IISTOIRI> SOCIALISTE 87 Louis X VIII, c'est plutôt contme gentilshommes que comme prêtres, que ces néophytes du gallicanisme se révoltèrent contre le pape el le trailèrent en leurs factums d'Mrétique, de juif, de pa!en, de publicain'· • U n'y eut pas de semblables dilflcullés soulevées par l'épiscopal constitutionnel, malgré le pessimisme de Consalvi qui voyait Grégoire très soutenu par Bonaparte luimême, sans comprendre que le Premier Consul s'en servait comme d'une sorte d'épouvantail. La protestation des évêques conslitulionnels se borna en somme à la remise au gouvernement • d'observations•, où l'on voit figurer en particulier une demande pour le maintien des élections épiscopales. Mais c'est en masse que les él'êques,conslitutionnels répondirent au bref du pape leur demandant de se soumettre, en lui adressant leurs démissions. BJnaparte les récompensa- bien qu'il les détestât à cause de leur républicanisme - en en portant i2 aux nouveaux sièges épiscopaux. li fallut, en effet, pourvoir aux désignations nouve!les et cela conformément à l'article -i du concordat. « Le premier consul de la République nommera, dans les trois mois qui suivront la publication de la bulle de Sa SJinteté, aux archevêchés et évêchés de la circonscription nouvelle. Sa Sainteté confèrera l'institution canonique suivant les formes établies par rapport à la France avant Je changement de gouvernement. • :-.ous avons souligné les deux mots • nommera ... confèrera• afin d'en faire ressortir immédiatement l'importance. lis sont l'occasion d'un conflit perm rnent, rémltal de la mauvabe foi avec laquelle la papauté interprète, comme nous le Sil..Ons, le Concordat lorsqu'il lui semble porter atteinte à sa soU1eraineté. Veut-on lire l'article 4 comme le lisent les partisans du pape-roi? Un historien dont nous avons déjà indiqué les tendances nous en donne la facile occasion. Voici comment M. Chénon, dans son analyse du Concordai, présente notre texte•: • Les nou,eaux évêques devaient être nommés comme sous l'ancien régime, c'est-à-dire p1·i'se111és par le gouveruemcnt dans les trois mois de la vacance du siège el illslilués par le pape, suhant les formes établies par rapport à la France avant le changement de gouvernement (art. 3). • • Et voilà dans quelles conditions les partisans du ConcorJat en comprennent le texte. Là où celui-ci porte: le gouvernement nomme, le pape institue, ils traduisent: le gouvernement propose et le pape ... dispose! Et les écrivains catholiques adoptent une ~ingulière méthode pour persuader que le Concordat dit précisément le contraire de ce qu'il dit en réalité: cette méthode s'appelle, en langue vulgaire, le blulT. Ils procèdent par affirmation; Pie VII, Consalvi, tous 1. Hist. pol. de la Rev. /1·anç. p. 139. - On appela. PeûLe Eglise un schisme localis&sur• tout dan, l'Ouest, qui groupa quelque, 8dèlet autour de ces éTêques qo.i retù.sàrent d'adhêrer u. Coacordat. 2. La. critique de rarl. 4 porte aussi sur l'an. 5: • Le11 nominations aux héchés qui Taqueront dans la suite seront également faites par le Premier Consul eL l'inttitu.Uon canonique sera donn,o par le SainL4 Siège. 3. HUt. de IAriue eLRambaud,IX, 260-61.Oo rema.rqa.erqaue M. Cb&non indique l'art.. 5 u lieu de l'm. ,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==