Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

86 HISTOIRE SOCIALISTI!: noncer à leurs évêchés, 1~ pape réclamerait des réfractaires la même renonciation. La papauté refusa tout d'abord « d'inviter à donner leur démission de leurs sièges épiscopaux quatre-vingt évêques émigrés ..... Quelle qu'ait été leur opinion sur la nouvelle forme de gouvernement établie en Prance, cfans sou commencement, il est bien st\r que l'abandon de leur diocèse a été occasionné par une persécution affreuse contre la religion catholique ..... Le gouvernement, persistant dans son avis d'une démission générale à donner par tous les hêques émigrés, le Souverain Pontife ne devrait jamais le leur commander, ni substituer d'autres évêques en cléposnnt les anciens en cas de refus•. " Mettons de suite à côté de ce langage le texte de l'article 3: « Sa " Sainteté déclarera aux titulaires des évécbés français qu·eue attend d'eux • avec une ferme confiance, pour le bien de lapai~ et de l'unité, toute espèce • de sacrifices, même celui de leurs sièges. • D'après cette exhortation, s'ils se refusaient à ce sacrifice commandé "par le bien de l'Eglise (relu, néanmoins auqnel Sa Sainteté ne s'allend « pas), il sera pourvu, par de nouveaux titulaires, au gouvernement des • évêchés de la ci1·cooscription nouvelle ... • Le pape a donc dû abandonner ses prétentions, mais du reste, qu'on ne s·y trompe pas, la défense quïl a faite des éYêques émigrés n'a pas été comparable à la bataille entreprise autour du " nécessaire • de l'article premier. li ne pouvait faire autrement que de protester contre l'exclusion de ceux qu'il compare dans une de ses lettres aux généraux qui avaient combattu à côté ùu Premier Consul', mais il se garda bien de pousser Bonaparte sur ce point, car, somme toute, s'il clépouillail l'ancienne église de France, il le fai,ail par un act~ d'autorité considérable et l'on sait combien la papauté esl jalouse de son autorilé, combien elle cherche à l'augmenter et à présenter comme jurisprudentielles les mesures extrêmes auxquelles elle a pu recourir. Or exiger et obtenir une fois des démissions d'évêques, c'était pour la cour romaine l'établissement d'un précédent qui lui permettrait pour l'avenir uoe extension de sà puissance. Pie' Yll adressa le 15 aot\l 1801 aux é\•êques réfractaires un bref où, tout en les comblant de louanges et en pleurant sur la trbtesse qui emplit son Ame, il !Pur demande de renoncer à leur épiscopat. • Il faut vous démettre spontaném nt de vos sièges épiscopaux et les résigner librement entre nos mains: cho-c considérable assurément, nos vénérables frères, mais de telle nature qu'il faut nécessairement el que nous vons la clemandic.ns el que vous nous raccordiez pour arranger les alîaires de France. » Les évêques avaient dix jours pour répondi-e: 45 démissionnèrent, 36 protestèrent au nom des libertés 11,allicanes qu'ils a\'aient toujours rêpou,sées, car c'étaient précisément des ultramontains. Ei1 réalité, comme on l'a dit lrès justement, • c'est par lldélilé à 1. Lettre de Spina à Dernier, le 11 novembre. t. !Attre de Pie VII l Bou&.pane, le 12 mai 1801.

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