Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIISTOIHE SOCI.\LISTB nou,, qui nr reconnai~5011saucune religion el espérons dans l'émancipation cléfinilive des esp1ils, de faire rrssorlir qu'il rst possihle de laisser toulrs les opinions libres dans l'Elal neutre, el cria dans un premier elîorl vers l'al"- fr,,nchisscme11t complet. Celle liberl(• est pos,iul,•, ,•lie a existé el n'a pris fin que par la volonté de l'homme ambiliem qui r,l parvenu à faire de son histoire perrnnnelle l'histoire dr la France prndanl une suite d'an,iées. c·esl contre l'histoire el contre la v(•ril(• que des écrivains ont dil ùr Bonaparte qu'il répondil au secrel désir du pays en fai,anl le Concordai, el nous allons me ntrer qu'en ,!~truisant le régime de la s~pnration, tel quïl l'a,ail d'ahord .trermi par de jmtes mesures, il a fait rouvre de despote. Quant à ceux qui pensent que lJonaparte ne rou,ail faire mieux qu'il a fait, nous leur rtpc ndrons con me plus haut nous répondions au sujet de la loi ;ur la centrafüation administrative : quand un homme a dans un pays la silualion qu'a,·ait Bonaparte, il lient tout autant à lui d'être un Washington que d'êtrr un César. Mais Bonaparte rllvait d'êtreCérnr. Lorsque les conseils généraux se réunirent, quelques-uns s'occupèrent ùe la question religieuse. li s·eo troma un, celui des Deux-Sèvres, qui demanda pour faire cesser le schisme qu'on s'adressât au pape. Les autres, une trentaine cn\'iron, émirent de~ vœux, mais• on n'en lronve pas un qui ail, soit clemandé le retour au Concordat (le dernier concordat était de 1510). soil m(•me critiqué en principe le régime de la séparai ion '•; or. il défaut de la presse, puisque celle-ci élail bâillonnée, les procès-verbaux de ces conseils nous donnent l'opinion du pays. On ne parle pas de Concordat, on n'y pense pas, parce que. dans la coexistence des religions dans leurs rivalités inévitables. on a senti l'intervenlion rationnelle de l'Etat qui a maintenu entre tous les culte, la balance égale. L'idée que ce régime allait changer, qu'entre toutes les religions l'Etat allait en choisir une- et précisément c·elle qui avait rail le plus de mal -!'l s'adresser it son chef étranger pour pisser un traité avec lui, celle idée, disons-nous, ne pouvait se présenter il l'esprit de personne. Le peuple, remarquons-le, ne c onnul à peu près rien des n(•gociations avec Rome; l'armée el tous les corps de l'Etat les désappromèrent. Quant au, catholiques intransigeants, el, disons mieux, le clergé, rommrnl auraieut-ils pu penser qu'on allailrenoncer à leur égard à tous les avantages lentement, difficilement conquis par l'Elal lalque el neutre? Mais il n'y a qu'à réfléchir sur tant de lulles soutenues, sur tant de perséculions, nécessaires revanches du pays libéré sur l'organisation lhéocrali que qui l'écrasa, sur le processuç qui aboutit à l'établis,emcnl de la liberté religieuse pour comprendre avec une nelleté absolue qu'il aurail été considéré par tous comme un imensé celui qui aurait détruit la situation religieuse telle qu'elle était établie ... El pourquoi alors Bonaparte a-t-il été cet insensé? Parce que, répond M. Noblemaire, « personne mieux que ce Corse .1. Voir dans la Rtt·ue de Paru, ter mai 1$9i, l'étude de M. Aulard : Ln séparation dr rtglù, <t d, fb'ta<.

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