Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

58 HISTOIRE SOCIALISTE tiques. li suffit de regarder vers la Manche cl vers la l\f6dllerran6e, vers nos montagnes cl vers nos plaines, Il surfil de comparer les climats répartis sur notre sol, ou en~ore d'étudier la constitution géologique du territoire de lu France pour se rendre immédiatement compte des différences parfois considérables entre les inLôrôls de nos diverses réglons. li semble dès lors qu'il convient, pour que chaque partie du pay:1puisse alleindre son maximum de développement écanomique, de lui donner une autonomie sérieuse, il apparall qu'on doit lui laisser vivre sa vie sans le soumettre à des règles, ,mns doute éminemment profitables à certaines régions, mois en même temps nuisibles à d'autres. C'est l'effort vers cette autonomie, vers la commune, qui est absolument brisé par la loi du 28 pluviOEe. La Constitution divisait la Uépubiique en départements CLen arrondissements communaux. Les départements furent laissés ce qu'ils étaient (le département du lllont Terrible fut réuni à celui du Haul-Uhin); quar,t aux communes, au lieu d'en faire une force administrative,jtant nu point de vue territorial qu'au point de vue autorité, an lieu d'étendre le systOme de~ municipalités cantonales de l'an 111, c'est-à-dire de créer la vie communale au sens exact du mot, on en fit au contraire un minuscule élément admlnlslralif sans ressources el sans force. La commune, on s'en méfie et, parce qu'elle pourrait Oire un monde, on en fait une molécule. Les 1,4 000 communes de la Constlluante réapparaissent, englobées non seulement dans les départements. mais groupées d'abord dans l'arrondissement, c'est-à-dire le district aboli en l'an Ill. Ainsi, par la répartition territoriale, les inWrèts régionaux onl reçu un premier coup. Par l'exclusion du régime éieclif Ils en reçurent un second. En el!el, par l'oleclion, les administrateurs désignés pour diriger la circonscription, commune, arrondissement ou département, sont des hommes du pays, ils ont la connaissance des gens cl des choses el connaissant les besoins locaux, s'attachent à administrer dans l'lntérèl locaqMals du jour où, du haut en bas de l'échelle administrative, toutes les places furent données par le chef du pouvoir exécutif, c'en fut fait de la vie locale. Tous les administrateurs dépendant d'un chef placé au-dessus d'eux qui les envoie tantôt dans une région, tantôt dans une autre, ne pouvaient avoir qu'un souci, administrer conformément aux instructions reçues d'en haut, c'est-à-dire, en l'espèce, srlon la volonté du despote. C'est uu lieu commun de répéter en toutes circonstances que Bonaparte ne pouvait pas organiser la France autrement qu'il qe l'a fait el l'on ne manque pas de faire ressottir le désordre qui régnait partout lor~qu'II a pris le pouvoir, la néce~sité de pousser à l'extrême la centrailsallon administrative pour qu'un contrôle plus rigoureux pOt être exercé. Ce BOnllà des raisonnements très spécieux. Bonaparte a donné au pays une &dmlnlatrallon

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