Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

' IlfSTOlfiE SOCIALlSTE ;:,[ Cambacéri's el Lehran, le soin de choisir lrs premier, ,(·nalt•ur,. li, <lé,if!'llèrent des hommes connus donl les nom, devairnl accrollrc le prcsLiftCdu régime: ~longe, Cabanis, Kellermann, Yulnry, Garal furenl ùe ePl"·là et on remarquera qu'ils représentenl l'élite militaire, intcllrctuelle cl U·1ti,lalive de la Révolulion. L'exiqence d'une quantité de pNsorinal!es illn-Lre, • en disponibililé "• prêt, à figurer à la façade rlu nouvel (·difirc sorial. est une earactérislique de Loule cette période. Ce qui e~Lremarqnahlc, ce n'est pa• de les avoir tous réunis pour les comhler d'honneur,. c·e,l di, les avoir enchainés dans des postes honorifiques. Hier encore, ils élaient dans la tourmente rérnlulionnaire, ils vivaient au milieu de la lutte <les parti,, c'esl-àdire dans des conditions où l'initiative individudle, l'action perrnnnel!e affirmée sans défaillance sonl seules garante, de la sécurité dans la situation acquise. Accoutumé, à agir, à décider, doués de forlrs qualil•'s, il, n~ paraissaient pas dernir sïmmoiJiliorr à jamais; or ce fut précisément ce qui arriva. Tous ceux que le remou~ rérnlulionnaire avait fail surgir de:, entraill,s de la l'\alion. tous èeu.< qui avaient marqué dans un parti, tous ceu, qui, au cours des ~nnées lrouhlèes, avaient brillé dans les sciences, dans la politique, dans les arts ou dans la guerre, tou; furent placés rtans les couches supérieures de la « pyramid~ » el - pierres clc ccl e~traor linaire monument - l' re,lèr?nl rivés. Ainsi furent mis au ~énal, tanl par dé:-ignalion de Sieyès el d' ses assesseurs que par cooptation des premiernommés , Daubentor., Laplace, Le Couteulx de Canteleu, François de :"ieurchûleau, Berthollet, Yieu, Clémrnl de Ris, l'amiral Bou!(ainville, le général Lespina,se, Choiseul-Praslin. Sans tarùer, les CiO sénateurs volèrent l'élcclion des listes de tribuns el de me.11bres du Corps législalir arrêtées par Sieyès, leur présiden l. Les anciennes a•semlJlées fournirent le principal con lingent de ces élus du Sénat. Le Tribunal, dont nou, arnns marqué l'inutile rôle d'opposition, compta parmi ses JO() membres Daunou, Benjamin Constant, ~Jarie-Josrph Chénier - trois grrnd, talents annihilés - J.-B. Say, Jard-Panvillier, Laromiguière,, Andrieux, •Chauvelin, Laloi, Bailleul, Penières, Guinguené, Sedillez, Stanislas Girardin, Rioufk Au Corps léµ:islatif, on appeh des répuhlicains sincères, tels que Gri•goire, Florent-Guiot, Bréard. Leurs nom~ ressortent de la foule, formant celte assemblée de 300 memlJres dont z:30 avaient figuré déjà au Conseil des Anciens (parmi eu;,t DJlphonse, qui al'ait protesté énergiquement contre le 18 brumaire) el aux Cinq-Cents. Bonaparte s'occupa fort peu de tous les choix de tribuns ou de législateurs: il savail ce que vaurtraienl leurs drrsirs contre sa volonté, el une seule chose le préoccupait : la rapidité des dé,ig11alions. Quand, aprè, quelque, jonrs, LOU> le, corps furent défi11ili\'ement constitué,, alors il mil la machine gouvernementale en mouvement, il donna lïmpul,ion à Lou.,les rouages adminislratir,. El il le fil ~ans aucun rt•tard. « Nou, rnmmes entrainé, dans un tour-

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