586 UISTOIRE SOClALlSTE )!ai,on, le~ échecs successifs de Soult, vigoureusement attaqué par Wellington el conlraint de s'enfermer dans Toulouse. L'empereur, que tant d'infortunes eussent dù désespérer, ne paraissait cependant pas croire la partie perdue; il remontait les uns, brusqua.il les autres, élaborait des plans d'attaque, déployait une inconcevable activité. En même Lemps, il renouvelait à Cambacérès el à son frère Joseph, qu'il avait investi, au moment de son départ, des (onctions de lienlenanl-général de l'Empire, les injonctions les plu, formelles concernant les travaux de défense de Paris; il leur renouvelait, sans y ajouter beaucoup de foi, les assurances de la fortune que devaient à nouveau connaitre ses armées, et il ne manquait pas en II:ême temps, fort habilement d"ailleurs, de stimuler vivement leur activité pour qu'il, ne fussent point surpris par la soudaine réalisation des plus dramatiques évenlualilés. De leur côlé, les alliés, enthousiasmés par leurs succès, avaient résolu de ne point s'arrêter qu'ils ne se fussent installés en maitres dans la capitale: la marche sur Paris amil élé décidée au lendemain de la büaille de La Rothière. On avail incontinent adopté le plan de marche suivant: l'armée de Blücher, à laquelle de nouveaux contingents fort importants venaient de se joindre, s'engagerait le long de la )larne; l'armée de 13ohême, sous Schwarlzenberg, suivra il le cours de la Seine. Toul d'abord 13lücher, qui corn prenait fort justement tout lïnlérêl que pouvait avoir pour les armes des alliés une marche rapide el précipitée, se hâla, tandis que Sch\\arlzenberg, circonspect à l'excès, avançait avec solennité. Le 6, ce dernier finit par occuper Troyes, d'où l'empereur s'était retiré sans perles, mais au milieu d'une stupeur inconnue jusque là. Cependant Napoléon, dont rien n'a pu atténuer l'ardeur, observe scrupuleusement les moindres mouwements de l'armée en• nemie; pour éviter une rencontre brillante, assurément, mais peut-être funeste, il n'agira qu'à coup sùr. L'occasion ne se rail guère attendre. Blücher disjoint ses corps d'armée; :-lapoléon quitte :-iogent Je 9 février el donne ses instructions à Victor, 011dlnot, :\Iarmont et Grouchy qui doivent agir avec lui de concerl: des mouvements d'une fort habile stratégie sont combinés et exécutés le 10. Un corps russe appartenant à l'année de Siléaie est écrasé dans le bois de Champaubert; plusieurs milliers de prisonniers restent enlre nos mains; 1 300 morts gisent sur le champ de bataille, et des trophées de loule nature aUeslent l"éclat de celle heureuse el soudaine victoire. Le lendemain, Napoléon prévenu du mouvement rétrograde du corps de Sackcn et d'York, gagne précipillmment Montmirail, où il les surprend. La victoire est plus décisive encore que celle de la veille, tant les 0 notres déploient d'impétueuse ardeur. Près de 5 000 hommes sont tués ou faits prisonniers; les coalisés se retirent en dlisordre, mais Napoléon s'élance à leur poursuite, el, le lendemain, à Chàleau-'rhierry, taille en piècl's. le corps d'armée d'York. Les Français ne bougèrent pas de Cbàteau-Thierry durant Ioule la Jour-
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