Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTK 585 l'Empire rassemblés à cet eliet aux Tuileries; le lendemain, dès l'aube, il se mettait en route pour Châlons, où la nouvelle de graves événements l'attendait. Les alliés venaient, en el!el, de faire éprouver à certains corps français des pertes considérables. lis avaient d'ailleurs, dès le passage du Rhin, en• vahi le territoire français presque sans coup férir. Quelques villes -avaient tenté de résister, mais s'étaient, au bout de quelques heures, rendu compte des dangers que celle vaine obstination leur faisait courir, et elles avaient aussitôt ouvert leurs portes à l'ennemi. Schwarlzenberg, dont les troupes, réparties en plusieurs corps, avaient successivement gagné Langres, Dijon et Jlar-sur-Aube, élail assuré de la plus complète victoire. Victor, Macdonald et Marmont, que l'infériorilé numérique el le découragement de leurs troupes metlaient vis-à-vis cle l'ennemi dans la plus fâcheuse posture, reculaient cie jour en jour, redoutant avec raison l'issue d'une bataille. Blücher, qui avait mené ses troupes par la Lorraine, arriva dans le même temps à Drienne. Ainsi rapprochées, les deux grandes armées coalisées allaient agir de concert et marcher concurremment sur Paris. La gravité cle la situation n'échappa point à Napoléon, dont le génie de tacticien et de chefmililaire ne fut jamais plus surprenant. L'empereur, qui souhaitait pouvoir neutraliser les efîorls des armées de Bohème et de Silésie en s'opposant à leur jonction, décida, dès son arrivée à Châlons, le 25, un mouvement ingénieux et hardi. A la léle cle quarante mille hommes, il traversait Saint-Dizier <1ueles alliés occupaient, et, quelques jours aprè,, il parvint à joindre Blücher tl Drienne. L'attaque fut cles plus vives, et les pertes que nos troupes inOigèrent à l'ennemi excédèrent d'assez peu les nôtres. Néanmoins on linl la victoire des Français pou1· certaine, puisque Dlücher reculait. Certes, il se repliait, mais habilement, puisqu'il fit sa jonction avec i:ichwartzenberg à Bar-sur-Aube. Le prestige de ra,anlage remporté par les Français à Brienne ne devait pas être de longue durée. Le l" février, Schwartzenberg el Dlücher, à la tôle de i30000 hommes, marchèrent contre nos troupes qui se tenaient dans la plaine de La Rothière; la résistance de nos troupes, écrasées par la supériorité numérique de l'ennemi, fut héroique et ne !!ura pas moins de sept heures. Napoléon ordonna la retraite sur 'rroyes, et llarmonl rut c!ésigné pour la couvrir, ce qu'il fil en engageant dès le lendemain d"heureuses offensives, notamment contre les corps autrichiens de Wrèùe. Néanmoins, la journée de La Rothière avait élé désastreuse, un grand nomLre des nôtres élaienl aux mains d; l'ennemi; plusieurs de nos contingents avaient subi une profonde désorganisation; l'effet moral produit était pire; tandis que nos troupes, abattues, découragées, acceptaient les plus sombres pré~ages, l'exaltation des alliés était à son C9mble; rien ne semblait plus s'opposer à leur investissement de Paris. En même temps, Napoléon apprenait l'abandon de la Belgique par

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