581 HISTOII\E SOCIALISTE campagne pour le rétablissement de leur popularité et conséquemment de leurs privil~ges dynastiques; landis que de toutes parts, el gràce au zèle rmpressé d'agents convaincu,, on vantail les mérites pacifiques du futur Louis XYlll, la loyauté des desseins des Alliés, des nouvelles pathétiques achevaient d'angoisser les esprits et de semer partout l'épouvante: les armées coalisées venaient de franchir le Rhin, et une force de trois cent mille homme~ répartis en deux corps, l'un sous Scbwarlzenberg, l'autre sous Blücher, envahissait le territoire national. Les plus douloureux pressenlimenls affluaient de toutes paris; alors qu'on et1t souhaité jeter au plus vite contre les armées rte l'invasion. des bataillons enthousiastes, susceptibles de les refouler ou de les maintenir, les renseigneme;ils fournis par les provinces témoignaient des difficultés insurmontables qui s'opposaient aux levées de conscrits décrétées par le Sénat. Enfin, l'opinion publique, s'associant dans une certaine mesure aul proleslalions des individus contre les désastres voulus qui nous menaçaient de tous côtés, se répandait en anathèmes contre l'Empire; tandis que dans les campagnes, on se dérobait à l'enrôlement obligatoire par des défections sans nombre, dans les villes on résislait à l'accomplissement des mesures exi~ées par le fisc; les finances publiques perdirent ainsi, dans les trois premiers mois de i814, près de cinquante millions. c·esl enfln vers celte époque, que les pamphlets inspirés lanlôl par un libérafüme fougueux el imprégnés de souvenirs révolutionnaires, tantôt animés d'un z~le non déguisé en faveur des héritiers légilimes du trône de France, se multiµlièrenl. Le dé•ordre général, la déflance unanime, la rébellion ouverte des esprits dans les villes n'étaient pas les seuls pressentiments funestes que '.'\apoléon aYail attirés par ses fautes el les excès de son ambilion. La détresse, en effet, régnait partout; on ne savait où trouver des armes pour les hommes que la conscription venail de grouper en régiments improvisés; les services d'intendance fonctionnaient d'une façon dérisoire; rien n'était prél; quelque surprenants que fussent les prodiges d'activité flévreuse accompli~. duranl celle période, par Napoléon, la France épuisée, ruinée, ne pou1·ait luller contre le destin; une démoralisation complète envahissait l'armée. A,·anl de rejoindre l'armée que sa présence devait, une fois encore, imprégner en quelque sorte de valeur el de courage, Napoléon, prescrivit l'exécution de mesures nouvelles: ce furent des levées d'impôts, des ordres relatifs à l'administration età l'armée, el ce fut surtout la fortification ha.Livede Paris. L'empereur fil ceindre la capitale à l'aide de plusieurs lignes de défense, qui ne devaient avoir qu'une médiocre efflcacilé en raison de l'insuffisance des matériaux employés, de leur résistance imparfaile et de la précipitation avec laquelle ces travaux furent exécutés. Le 24 janvier i814, après avoir remis le gouvernement entre les mains de l'impératrice, Napoléon Ill de solennels adieux aux grands dignitaires de
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