Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIHE SOCIALISTE fait ordonner par le Sénat. Le H novembre 1813, il reçut Saint-Aignan, ministre de France à W,•imar, que les Alliés avaient chobi comme intermédiaire auprès de lui. Les condilh,ns offertes, moins avantageuses bien entendu que celles proposées au congrès de Prague, étaient cependant très acceptables, précisément dans an temps où la !'rance exténuée se trouvait <lans l'impossibilité d'en exiger la modification à son profil. Elles stipulaient que les frontières du pays seraient désormai:; coo:;liluécs par le Alpes, le Hhin el les Pi réntles; elles demandaient en outre l'abandon de toutes le, prétentions françaises sur l'Alleurngne, la ces,iun pure cl simple de l'Italie, de l'Espagne et de la Hollande. Xapoléon ne se montra point intraitable, el cette adbé,ion, iusuffüamment e,plicite d'ailleur; à de telles bases de con,enlion, n'en constitua pas moins l'aveu singulièreooent évident d'unc,déchéanceeld'un délabrement graves. Caulaincourt fut dé,igné pour se rendre à 1Jannheim; il eut, quelque temps, l'espoir de mener à bien des négociations quïl croyait pou• voir l<·nir pour sincères; mais force lui fut de se détromper au plus tùl. Les Alliés n'attendirent point la réponse de l'Emper1>ur el les e,plications de Caulaincourt; pressés par ~lellernich qui leur montl'ail combien le, circonstances étaient propices à la ruiue de la France, ils arguèrent de leur patience vaine, de leur longanimité, de l'impossiliilité où ils étaient d'attendre plus longtemps ces déclarations loyales qu'on semblait qependant tout ûi~posé à faire; le i" décembre, un manifeste, portant la signature des pub~ances alliées, fil connaitre, contre Loule vérité, que les propositions de paix n'avaient ~oint été a!(rèées comme il eût été désirable qu'elles le tussent; qu'en conséquence, la lutte allait recommencer, mais que les coup:; n·en seraient point dirigés contre la ~'rance el se lourneraie11l contre Napoléon que l'Europe rnulait châtier pour son impuùeute audace el ses méfaits despotiques. La note par laquelle Caulaincourt instruisait les alliés de l'acceptation de !'Empereur, en réponse au, propositions que nous avons relatées un peu pins haut, ne paninl que vingt-quatre heures après la déclaration du 1" décembre; el!e n'en atténua point les con•équences et ne retarda pas l'exécution des desseins de la coalition. Tandis qu'au-delà des frontières de France s'amoncelaient des lempétes, tandis que la cause de la coalition, devenue celle de l'Europe entière, suggérait dans tous les cœurs d'incroyables pa~sions, les événements les plus graves annonçaient à l'inlél'ieur des périls inconnus ju.,que là. Une crise économique sévissait sur le pays, el la situation politique de la France à l'égard cle l'Europe venait d'en aggraver encore les elfels. Le crédit national subissait une déçhéance considéralJle ; le marché financier n'était pas moins atteint, et les valeurs officielles françaises, étrangement dépréciées, tombaient à des taux et à des érnluations dérboires. Tandis que, désormais incapables d'être contenues, les haines éclataient contre !'Empereur, à l'intérieur du pay,, tandis que les Bourbons, pressen• tanl le déclin d'un régime qu'on commentait d'e.,écrer, menaient une active

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