Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

582 HISTOIRE SOCIALISTE éprouve cc sentimenl pénible, et particulièrcm!'nl dans les vallées où l'on exploite de la tour!,~. "Les mur; de ce, maisons en terre sonl fort bas, on Louche facilement le bord de la couverture avec la main, mais le falle est lrès élevé. On donne ordinairemenl au co.nble une hauleur à peu près é3ale à la largeur de la mai50n, cc qui sorl de toute proportion. Les renêlres sonl placées à Loule ,orle de hc.uleur el sans sym ·lrie : toulrs sont garnies de volets." Da11sle mémoire du profet du Nord, nous trouvons encore quelque, indications sur le~ salaires des trav,illeurs agricoles : • Ourriers qui travaillent à il lâche: " Les fau~hcurs, les mois-onneurs, les baUeurs en grange. « Année commune, on peul calculer quJ le produit de la journée d'un fa1.1cheuret d'un moissonneur esl dans la htilude d·un franc vingl-~inq à un franc cinquante centimes, outre la no~rrilu;·e. el quJ celui de la journée des autres ouuiers à la tâche est d'un franc, n>urrilure non comprise.• Indications insuffisantes d'ailleurs poc:r avoir une idée approximative des salaires sur les autres points du territoire français. Il faut do:1c nous contenter de l'affirmalion de Ch1plal, qui estime à 1 fr. 25 le sahire moyen de la journée de travail à la campagne. Nous a1•onsmaintenant terminé cet exposé trop incomplet de la situation de l'agriculture pend rnt le premier Empire, el lïmpression domin,nle qui nous parait s'en dégager, c'est l'admiration sans h'lrne que mérit~ une population assez laborieuse el assez vaillante pour n'avoir pas été davantage troublée dans sa tâche opiniâtre par les ellroyables perlurballons d"une époque où dominait si lugubrement la voix grondante des canons. LA C.nIPAG:-;E DE FIIA:\'CE ET L'ABDIC.\TIO:.\l Une inrlicible angoisse s'était abattue sur la France; l'eltroyable joug administralirel fiscal de l'Empire, les levées perpétuelles, l'op~re,sion fiévreuse sous laquelle Napoléon, jamais rassasié de luttes, de sacrifices, d'aventures, d'h6r. ï ues folies, étoullail le pays, loul cela n'avait que trop contribué à répandre sur la nation une morne douleur, une conslernalion immense qu'aggravaient encore les pressentiments, hélas fondés, d'un avenir plus misérable. L'Empcreur était rentré en France le 9 novembre, laissant snr la ligne du Rhin des corps de troupes démoralisés, inférieurs en nombre aox conliogenls ennemis el incapables de résister à une olTensive vigooreose. Pour ne point perdre de temps, el comme s'il etH souhaité mutiler la nation de ses propres mains, !'Empereur, sitôt revenu, décréta de nouveaux impôts el pre'!Sa l'exécution des mesures militaires qu'il avait précédemment

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