Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

MO IIISTOIRE SOCIALISTE laquelle le Journafü·r ,'esl habituée, el qu'il e~ige, par conséquenl, de celui qui r,•mplote. • Et ma ntenanl, un na1ranl tableau de misère campagnarde: « D.ins les cantons rouverts du pays de Rilche, les hommes sont aussi mi,él'aiJlcs que le sol e,l ingrat : leur nourriture bal>iluelle consiste en pomm.·s de terre mêltes a,ec du !ail caillé; leurs vêlements sont des éto1r,,, gros,ières de toile ou de laine qu'ils fabriquent chez eux; ils onl des sabots pour chaussures, et «!escabanes faites en clayonnage el en torchis : chacun pos•ède des terres communales acen-ées ou envahies; ils ont une vache el un cheval pour les labourer; ils les sèment en seigle; ils les plantent de pommes de terre. On inclinerait peut-être à penser qu'ayanl peu de bewins el se suflbanl presque à eux-mêmes, le salaire du journalier doit être modique : loin de là, c'est la partie du département où il est le plus élevé. {Il est de i fr. 25 à i Ir. 50.) Pour en découl'rir la cause, il faut con•idérer que les demande, du travail sont relathes uniquement à l'exploitation el au llolta 0 e des l>ois; qu'elles n'ont lieu qu'une partie de l'annéP; que les habitants, n'étant point tourmentés par la néce,.ilé de chercher de l'ouuage pour leur subsistance, il ne s'établit pas entre eux de concurrence avantageuse à celui qui est obligé de les employer : de là vient le haut prix de la Journée. D'ailleurs, c'est le seu 1 canal par lequel le numéraire s'introduit et circule dans relle contrée. Enclins à l'ivrognerie, !ls sont impatients de dépenser l'argent qu'ils reçoivent pour satisfaire celte passion plutôt que pour se procurer quelque aisance. • Du reste, leurs mœurs sonL aussi grossières que le pays est sauvage. Leur éducalion est très négligée, pour ne pas dhe ab;,r,donnée; car on a peine à rencontrer dans chaque village un individu t i sache écrire. Ils sont d'un assez bon naturel, el dociles au joug <lel'autorité : ,ls ont be,oin seulement d'être incessamment contenus par une vigilante sévérité pour les empêcher de dévaster les forêts qu'ils étaient, pour ainsi dire, habitués à regarder comme leur patrimoine. • Voilà des gens qui vont apprendre de M. le préfet les bienfaits du régim& impérial: • L'augmentation des salaires, ajoute M. Colchen, a été moindre dans les autres ari-ondissements; leur terme moyeu n'a varié que de O Ir. 75 à 1 franc; et dans les lieux où sont situées des manufactures et des u,;ines, l'accroissement a été plus faible que dans ceux simplement agricoles, sans doute parce que les manouvriers, rassemblés en a~sez grand nombre sur tin seul point, et ne profitant que très peu des pàlures et des biens communaux, sont restés à la «li,crélion de celui qui les faisait travalller. • C'est d'ailleurs une vérité reconnue par cent observations locales qn~ là où les propriétés l'Onl réparties entre un plus grand nombre d'indivldue. la main-d'œu1re e'!l plus chère; chez les autres nations, elle n'augmen&e

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