HISTOIRE SOCIALISTE 561 qu'en raison de la multiplicité des ateliers : ici, c'est le morcellement des terres qui, en occupant plus de bras que les grandes exploitations, en lai,se moins à la disp1silion de l'induslrie, de l'agriculture même, et les met dans la nécessité de subir la loi du journalier. • Dans les villes. le prix de la main-d'œuvre excédait, avant 1789, celui de la plupart des campagnes; il leur est actuellement inférieur. Le journalier des villes est devenu misérable et souvent désœuvré par la dispersion des capitaux et des fortunes qui y étaient rassemblés, tandis que celui des campagnes a recueilli tous les avantages de la Révolution : l'un esl réduit à rnlliciter·de J'ouvrage, tandis que l'aulre a presque besoin d'être sollicité.» El le ton de M. Colchen s'assombrit ,ingulièremenl. comme on ,oit, en constatant une situation économique qui permet à des travailleurs d'imposer des salaires si élevés: 1 fr. 25 par jour! Une dernière enquête nous est enfin fournie par ~f. Dupin, préfet ·des Deux-Sèvres. Celui-ci n'aime point d'abord que les enfanls s'amusent, el il proteste contre le retard que mettent les parents à tirer profil de leur progéniture : . « A la honte du département. dit-il, on ne peut fixer qu'à quatorze ou quinze ans l'àge où les parents retirent quelque utilité de leurs cnrants, si l'on exce~te ceux des laboureurs employés dtis l'âge de neuf ou dix ans à la garde drs brebis; jamais on ne les voit occupés, comme ailleurs, à fabriquer quelques cages ou paniers, quelques ouvrages en paille; ils ne savent que couper les haies, écorcher les arbres, détruire les murs. de clôture pour en retirer les limaçons, courir, jouer ou se battre. « A la ville, une mère commence à retirer quelques services de sa fille à dix ans; à la campagne, on attend jusqu'à douze, à moins qu'on ne l'emploie à la garde des brebis. • Ce n'est pourlanl pas l'élérnlion des salaires qui dicte aux parents une telle modération dans l'exploitation du travail enfantin. En voici le taux, presque identique à celui des départements précédemment étudiés: • JOURNALIENROSURRIS. -A la ville, en 1789 : 0 fr. 60; En l'an IX : 0 fr. 75. « A la campagne, e,11780: 0 fr. 50; en l'an IX: 0 fr. 60. u JounNALIERSSENoi;nn1ssANT- . A la ville, en 1780 : 1 franc; en l'an IX a i fr. 25. « A la campagne, en 1789: 0 fr. 75; en l'an IX: 1 franc. Salair(\8 induatrlela. c Salaire que l'employeur donne par jour à chaque ouvrier : « Bimbeloliers, 0 rr. 75; bonnetier:;, O fr. 30; carriers, i fr. 25; fabricants de chapeaux, 1 franc; charpentier,, i fr. 25; cordiers de fil de chanvre, i fr. 25; faienciers, i franc; tulliers, O fr. 75. •
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