Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HIS1'01Rt, SOGIALISTF. Troisième genre: Ouvriers d'agrément. Les salaires sonl les suivants: Marbriers: 3 à 1, francs; - sculpteurs: 4, 5, 0, j u~qu'à 10 el 12 francs; - doreurs :.ur bois: 3 à 4 francs. Le nombre lolal des ouvrier;; du Mtimenl est eslimé à 21 148. Rapport politique. - C'est parmi le, ou1ricrs ùe cet ordre que les coalition~, les rassemblements sont les plus prompts à se former, les plus difficiles à se dissiper. La raison s'en trouve dans la réunion presque constante de vlusieur,, m~me d'un grand nombre de ces ouvriers dans un même point ùe travail; un turbulent fait une proposition perturbatrice el, à l'instant, tous se font une sorte d'honneur d'y adhérer. Rapport physique. - Presque tous les ouvriers de cel ordre sont forts, sains cl bien constitués, parce que leurs travaux s'exécutent en plein air el exigent un emploi assez considérable de forces. Rapport moral. - Rien de plus varié que le moral de ces dillérentes espèces d'ouvriers. Les tailleurs de pierre, charpentier•, marbriers sont en général honnêtes, sages, point ivrognes, point débauchés. Aussi fraternisent-ils peu avec les autres qu'ils regardent comme au-dessous d'eux. La plupart des tailleurs de pierre sont domiciliés dans le département du Calvados el de la Manche, ils viennent à Paris dans la belle ,aison; quand l'hiver interrompt les travaux, ils retournent dans leurs foyers el y portent le pro,luil de leurs épargnes. Ceu~ des ma~ons que nous envoient lPs départements de la Creuse el de la Haule-Vienne ,ont également sages et de bonne conduite; ils émigrent de leurs foyers el y retournent comme ks tailleurs de pierre. Mai~ ceux qui résident habituellement à Paris sont as,ez mauvais sujets. L'hiver esl pour eux une saison falale parce qu'ils sont dé,œuvrés. Ceux-ci sont assez enclins au vol, à l'e,ceplion cependant des appareilleurs el de ce qu"on appelle mallres compagnons. Les couneurs le sonl bien davantage; il semble que la disposilion à ce vice naisse de la I rote,sion même. Les serruriers olfrenl pour la plupart l'image de la grossièreté: ils sont Ivrognes, rnleurs, d~bauchés el très difllciles à conduire. ~Jais, dans ce tableau, on remarque une nuance à l'égard de ceux que l'émulation et l'amourpropre portent à Ilien faire; on voit des garçons serruriers étudier le des:;in, l'architecture, les moyens de rédui~e et de travailler le fer. Leurs mœurs contrastent singulièrement avec la grossièreté des autres. Une d6marcation assez analogue se fait remarquer parmi les menuisiers;

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