Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIISTOIRI<: SOCIALISTI<: 521 dans les villes, le nombre est plus que le double de ce qu'il élail sous le régime des corporations, il n'est <!onepas élonnanl que la pt•pnlation se soit accrue. Si, à cette cause puissante de l"accroi,sement de la population, on ajoute la diminution d.i la mortalité que produit la vaccine, la divi~ion de la grande propriété rurale el les nombreux mariage,; qu'on a conlraclés ponr se soustraire à la conscription, on réunira tous les éléments qui concernent la solution de ce problème. ,, Les causes ainsi définies par Chaptal onl manifestement leur importance, el la dernière peut être appuyée par des chilTres certains: le, désir d"échapper à la conscription poussa elTeclivement beaucoup de jeunes gens à se marier, en 1813 surtout, el le chiffre des naissances mon la rannée sui1·ante à O(H082 au liru de 883 000 en 1812. Mais la phrase précitée du ra1>porl mini,tériel n'en compli'te pas moins de façon décisive les observalions de Chaptal, el nous pouvons considérer comme probable, certain même, que les u,ines étaient largement alimentées par la main-ct'œuvre étrangère. Dans quelle proportion? Nous ne le savons point, et il ne faul pas demander beaucoup aux stalisliq ues impériales? Celles qui exislenl sont plu; que suspectes, étant donné que les rec;istres de l'élal-cilil furenl, volontairement sans doute, laissés très incomplets. C'est ainsi que, quand nous parlons de l'augmentation de la population, il faut encore faire des résen•es, lanl il esl manifeste que le chi lfre officiel des décès esl forl au-dessous de la réalité. Il esl inconlcslable que, de 1806 à 1812, la guerre a fail une prodigieuse consommation d'ho:nmes, el cepenùanl les registres de J"étal-civil n'en portent aucune lrace; on ,oit même que l'année où il y a le moins de dé.;ès inscrits esl l'année 1810, l'année des guerres d'E;pagne, d'Autriche, de Wagram, qui seul coOla 25000 morts à chacune des deux armées. D'où il faut conclure, avec M. Levasseur, que les décès des soldats morts à l'élrdnger n'étaient pas régulièrement enregistrés en France. Mais revenons, aprè, celle courte digrc,sion, à l'étude de la situation in,iuslrielle et commerciale de la France que Chaptal préFente comme si prospère. Un document nous a déjà montré combien cel optimisme était exagéré. Les Archives nationales nous en fournissent d'autres plus décisifs encore. Voici un long rapport émanant du ministère de la Police générale el dalé de i811. On excusera la longueur de la citation par lïntérêt du document qui montre de façon irrélulable l~s résultats détestables de la pulilique napoléonienne et de ce blocus con tin entai, donl nous avons déjà, au début de notre travail, montré les désastreuses conséquences politiques el écono-

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