Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE qa'en ce moment présente Je commerce de là France sollicite viv~m•nl l'attention de \'olrc lhcellence, et semble meLtre au nomllre de me, dernirs de lni 1irésenler quelques réfle,ions donl elle appréciera le but avec sa ,aga ciLé ordinaire. • Sur la principale place de commerce de l'Empire le discrrrlil p'ane, füil cha 111ejour des progrès et menace de grands malheur•. Lyon ,ollicile. ard emment de prom1,ts secours; l'intérêt de l'argent y e;l moulé à 12 0.11.quoique le Comptoir de la Banque y escompte à 5de tous le, moyens; le, 11(·..:ociants s;i~es y refusent les alîaires les plus sûres pour ne pas prendre des Pn 0 agem nh; il en est de même à Besançon et clans 1es ville, cirromoisine,, d'après la lellre. que je reçus hier d'll'Il membre du con,dl général de commerce, doul la coi,ie est jointe à celle-ci. • A Paris, plusieurs mabons très connues éprouvenL une g~,w manifeste; des nleurs accréditées sont olfertes à 6 el 7 0.0 l'an, quoique la Uanque escompte. à 4 0/0 plus qu'elle n'a jamafa fait. • Cel état de choses est d'autant plus redoutable que, par nature. il ne p,>ut que s'aggraver jusqu'à ce que ses causes cessent. • Elles e:<.istenlévidemment : « 1' Dans l'essai que la llanque de France a Cail de transmettre des bilJe.Lsà ses comptoirs avant qu'ils fussent nécesiaires; • 2• Dans la réduction de Yalcur des anciennes monnaies de France, qui a fait naitre la crainte dune p;ochaine démonéti,alion des espèces et pro- ,oqué leur envoi à l'étranger, où elles out conservé leur ancien cours; • 3° Dans les mesures que les ordres du gouvernement onl fait prendre ~n llollande, en Allemagne, en Suisse. Ces mesures enlè1ent aux commerçants des sommes importantes; si elles ne s'appesantissaient que sur ceux qui ont violé les lois, elles ne seraient qu·une juste punilion; mais, malb eareusement, ellrs portent aussi stir des commerçants honnete•, qui ont p rêté leur bourse et leur crédit à des corre,ponda11ls qui ne leur étaient connus que par leur exactitude à acquiller leurs engagements, et qui, aujourd'hui, devant beaucoup à Paris, à Lyon, feront participer leurs créanciers il leur infortune s'ils sont ruinés. Les capitalistes redoutent ce danger et reti rent leurs fonds de chez les négociants. C'est ainsi que le commerce voit dimin uer les moyens auxquels il est accoutumé, au moment où il aurait be,oin de nouveaux secours. • La Banque de France fait ce qu'elle. peut poar aider Lyon el détruire les craintes chimériques qui y aggravent les circonstances générale;, mais elle ape rçoil aussi qu'à Paris les besoins se mulliplienl et que les ,a.Jeurs qu i lai sont présentées à l'escompte diminuent de ~olidilé; ainsi, lorsque la prudence lui prescrit d'augmenter de réserve enwrs le:; e!Yetsqu'elle escompte, les ,bfsoios du commerce lui drmandent plus de facilités. • Vainement la Banque chercherait-elle une Juste proportion entre la

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==