HIS'rOIRE SOCIALISTE seules, à son sentiment, faire d'un lableatf un chef-d'œuvre. li ne con<'r,rnit point que la Yie put désirer souvent et a,ec r.ii~on unP e,pres-ion plu, pathétique; ut exci's tians les moyens lui ])1raissail alor,; un romantisme rlèplorahle. li estimait qiw c'était là du <lésordre, une 1,einture tlïnstind, et qu'on ne parHnait point ainsi à imposer à de furles œuv1·es la ;érénil.e et l'harmonie durables qu'elles sont "en druiL d"allendre pour pas,er à la postérité. c·esl à son retour de Rome, après al"oir réalisé des œuvres d'une inco mparable grandeUI', qu'il composa le tableau dont la seule puissance surtiraiL à lïmmortaliser. L"Apothéose dïfomère l'emportera sur toutes les œul"res allégoriques exposées en ce temps-là. La couleur, la majesté, l'ordre, le dessin et la grandeur en sont incomparables. Ingres parYint vfritahlemenl, ce jour-là, âux plus hautes cimes de cet·art classique dont il avait si me1·veilleusemenl compris les réalisations immortelle, it travers Je· chefs-c l'œuvre de fü1phat'I cl cle :\1ozal'l. Ce n'est pas sans raison qu'on oppose Del acroix iL Ingres, à cause des divergences radicales qui les séparent. lis ont, l'un et l'autre, fourni des expressions complètes cl fécondes de deux interpré tations différentes et légitimes de la nature. Pour un juge impartial, à moins qu·ou ne laisse intervenir àes raisons de sentiment, on ne peul établir de rlif !érences entre ces deux arts si oppo,és. Les deux artiste, ont apporté, run et l'autre. à la réalisation de leur idéal esthétique lant de force, de probit6 et d e génie qu'ils méritent une égale admiration. Puisqu'il esl vrai d'affirmer que J"arl n'a point de critérium exlél-ieur, et c1u'il se trouve là où l'expres sion de la , ie est inten~e, vraie el harmonieu,e, on cessera donc de co nsidérer ln,:res el Delacroix comme les interprètes nécessairement hostiles de cieux manières d'art radicalement oppo,èe•. Les plus fortes œuvres d"Ingres sont : 1 'Apotltéose d'Homè,·e, OEdipe et le Sp!tin..c, le Sommeil d"Ossia11, la S01ace et quelques portraits de Napoléon. Telle esl, clans ses grandes lignes, l'évolution de la peinture sous le Premier Empire. Deux influences prépondérantes et d'une importance à peu près égale s·e,ercent sur le :éYeloppement de la jeunesse artiste : celle de Napoléon, qui, par un ordinaire etrel de ses manies tyranniques, règ lemente l'inspiration, proscrit à peu près les productions qu'on ne peut considérer, dès l'abord, sous le point de vue de l'honneur national, concentré d élibérément dans sa personnalité, toute l'inspiration virtuelle de la peinture; l'autre influence est celle de David, qui finit par avoir raison des tempérame nts les moins doués, auxquels elle impose un métier honnête et consciencieux et une froideur qui n'entraine plus guère qu'une majesté de convention. Néanmoins, ces deux influences ne font que ralentir de quelques ann ées l'évolution de l'art français. Plusieurs tempéraments : Gros, Géricault, Ingres, s'en dégagent, donnent d"admirables œuvres el reconquièrent ainsi
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