Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

508 HISTOIRE SOCIALIS'l'E Je pl'e:;lige légilime de leur personnalité. Mais Ingres, qui représente une des plu, fortes e.,pres,ions de l'art classique, va céder la place à Delacroix, le plus puissant génie romantique d'une pi'riode qui allait voir Hector Berlioz et Victor llugo. GHA YlJIIE • On concède, avec raison, une certaine importance aux gr,n"eurs du Premier Empire, qui acquièrent, pour la plupart, un métier solide et l'habitude de la fidélité et de l'exactilude dans leurs reproductions. Les principaux sont : A. Girardet, Boucher, Desnoyers, Tardieu, Bervic. Les peintres, enfin, ne négligèrent point cet art, el il suffit de citer Prudhon pour qu'on soit édifié sur la valeur de ceux qui s'y adonnaient. SCCLPTüHE. - C'est à Houdon el à Clodion que revient l'honneur d'ayoir dirigé dans ses premiers développements la sculpture sous le Premier Empire. Les pins illustres d'entre ces nouveaux artistes furent assmémenL Da1id d'An~ers, Rude el Pradier. ~lais il serait assez inc,actde s'étendre sur eu,, pubque leur, plus fortes œuvres ne furent réalisées que plusieul's années après la chute de l'Empire. C'est très jm,tement que l'on peut ranger David d'Angers dans la famille des grands sculpteurs français tlu ""' siocle. Ses œuvres ont encore aujourd'hui une force, une sobriété et une aisance gui sont l'indice d'une très belle per,onnalité créatrice. Son grand prix : La JIJorl d'Epaminondas avait attiré l'attention sur lui. Il s'y révélait déj(t le grand artiste qu'il demeura par la suite. li fut en relations ,li ec 'l'horwaldsrn el CanoYa qu'il connut en Italie. A son retour, il fit ses plus belles œuvres, sa slatue de Condé et un très ~rand nombre tle médaillons qui reproduisaient les e!Ogies des plus célèbre,; cr•ntemporains. L in~µiration de Pradier est avant tout attachée à l'antique. Le séjour que lit cet artiste en llalic lui permit de discerner la prééminence de la statuaire ~re,que, de la statuaire romaine. Il avait dès lors lrouvé·sa voie. Lan·~ Lhologie lui parut être une source intlpuisable de compositions et cette te1H!..nce lui fit réaliser un certain nombre d'allégories dont quelques-unes ont nnc grflce et une harmonie qui surprennent encore 111jonrd'hui. L'art de Rude, au contraire, est essentiellement nilfl\rent de celui tle~ précédents artiste,. Il faut rechercher clans ~es origines très humbles, clans celte conception nécessairement laborieuse, sévèr 0 , àpre de la vie, les raisons d'une manière si énergique, d'une puis•ance ~i peu commune. Hude était llls d'un forgeron el passa d'assez longues annérs dans l'atelier paternel. Il fallut, pour l'en retirer, les sympathie,; efficaces, les appuis matériels d'un certain nombre d'artistes qu'avaient étonnés les pl'emières œuvres du jeune sculplem. Ayant voulu suivre en Belgique un de ses protecteurs, c'est là qu'il réali:;a quelques-unes de ses plus fortes œuvres. Son art, robuste el simple, de proportions sobres, émeut par la sincérité el par les sensation• de

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