Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

50'i li TSTOIHE SOCIALISTE intentions de n'admellre dans la lice que des tableaux utiles. li ne fallait pas songer à se laisser aller à l'enthousiasme d'une inspiration libre; des devoirs civiques s'imposaient désormais aux artisle3 soucieux de posséder quelques droits aux récompenses promises. C'est ainsi qu'il fut ordonné que les tableaux apportés au concours seraient rangés en deux catégories: la première, qui comprenait les tableaux d'histoire; la seconde, dont le titre suscite encore un étonnement légitime, était rigoureusement réservée aux toiles représentant« un ;;ujet honorable pour le caractère national». On ne consentit aucune autre place aux œuvres qui ne se conformaient point strictement aux exigences précises de ces deux catégories. ~lalgré que l'imagination des artistes nu ainsi enchainée, obligée de se mo111oir rlans des limites où ne pouvaient accéder que des tempéraments doués de manière Loule spéciale, quelquesunes des œmres e,posées sont assurément parmi les plus belles que nous ait léguées J"époque impériale. c·esl là que David exposa ses Sabines cl son Couronnement, qui lui ,alul le prix Mcernô au meilleur des tableau, représentant • un sujet honorable pour le caractère national "· Girodrl, Gros, Guérin, Carle Vernet s'y firent justement remarquer par des toiles où leur talent se manifestait avec beaucoup d'éclat. Au Salon de 1812, « la foule, dit R. Peyr, dans son livre fort documenté sur Napoléon I" et son temps, s'arrêtait avec plus d"étonnement que d'arlmiralion devant l'O(/icier des guides chargeant, qui était la première manifestation du talent d'un peintre de vingt ans, Théodore Géricault •· Celui qui se signalait ainsi avec celle force el celt~ précocité à rallenlion du public devait lai:;,er des œuvres auxquelles on ne saurait refuser ni l'ori3inalilé ni le talent. David, en voyant les premières œuvres de l'arlislc, ne retint point sa ,urprise, et nul n'en fut étonné en raison des qualités de vie, d"ardeur et de palhéliquc que Géricault semlilait manifester le premier dar.s celle vérioLle dé la peinture impériale. Les œu,res principales laissées par Géricault sont : le Cuiraisier ble.,sr! quittant le (eu, le Carabinier, plusieurs toiles représentant ùes sujets analogues. Il en est d'autres dont nous voulons dire quelques mols, en raison de leur profonde valeur, et qui ne furent composées qu·assez lonztcmps après les premières. Géricault avait, en elîel, après le Salon de 1812, accompli un voyaq:e rn Italie, d'où il r.1pporbit drs (•Ludes nombreuses, dh projet,. En rentrant it PJris, il fut 1ile mis au cour.ml des événements tr,u;i<Juesqui avaient accompagné le naufrage de la Jléduse. Il eut loul aussilùt le dessein d'une grande eomposilion groupant quelques-uns des malheureux qui avaient, au prix rle surhumains efforts, prolongé penilanl quelques jours, à l'aide de planches el de cordes, leur misérable e,islence. Toul à la réalisation de son œuvre, Géricaull se rendit dans les hôpitaux, étudia sur place des expression•, connut la douleur effroyable des agonies. Une ,érie de dessins, dï,baucbes el un ~ouci remarquable de sincérité présidèrent à l'achèvement de celte œuvre à

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