Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HJSTOIRE SOCIALISTE menlalion ... li apparait bien que nonaparte a voulu surtout crée1· des places, beaucoup de places, parce qu'il y avait beaucoup d'appélils à ,ali~laire. Quant à édicter des règles de procédure parlemenlaire el s'allacher au détail du mécanisme politique qu'il adoptait, cela lui importait pr11: r'rsl par l'exercice de rnn pou1oir personnel qu'il comblerait toutes tes lacunes. Ill. - Aussi quelle dilîérence de rédacti.on entre les di~posilions que nous avons déjà analysées el celles qui touchent à l'organisation de re,écutif ! L'exercice en est remis à trois con,nls nommé, pour dix ans el LouJours rééligible,. Mais, de même que Sieyès et Ducos étaient inscrits rlan; l'acte constitutionnel comme p, emiers sénateurs, de môme les llois consuls qui devaient inaugurer le nou,eau gouvernement élaient désigné, pnr le môme acte. Ces trois consuls étaient Bona parle, Cambacérès et L<>brun.Il n'est pas sans ialérM de dire comment ces trois noms furent mis dam la Conslitulion. L'Ami des lois, en date du Hl frimaire (10 décembre iiW), porte l' «écho• suivant: « Bonaparte n·a point de concurrent pour la place de « premier c.onsul: toul le m~nde est d'accord pour l'y porter; mais, pour « les deux consuls adjoints, chacun annonce son choix d'après ses inclina- • tions. Le Journal des llommes libres nomme G·,ral et Cambacérès; le « Surveillant, Cambacérès el Daunou; l'Anqe Gabl'iel, Camb~cérès cl 'falley- • rand; d'autres nomment Camhacér~s el Régnier, Cambacérès el Berl hier, « Cambacérès et Rœderer, llégnier et Crélet ... » En fait, c'est à Bonaparte que l'on s'en remit complètement du chah de ses deux collègues. Il pensa tout de suite à Cambacérès, el, en se reportant à la citation ci-dessus, il esl facile de constater que, parmi tous les pronostics, c'est son nom qui revient le plus souvcnl. Aux yeux de tous, en clîel, Cambacérès semblait le plus apte à exercer avec honneur les fonclions de second consul. Juriste consommé, homme de gouvernement, habile dans l'art de séduire, puissant parmi les anciens conventionnels, il devait apporter au général un concours des plus précieux, sans jamais s'imposer, sans jamais sortir de la limite de ses attributions. Il convient d'ajouter que Cambacérès aimait le faste el sa,ait être volontiers solennel, ce qui, pour Bonaparte, devait contribuer à rehausser te prestige extérieur du Consulat. Quant à la place de troisième consul, il décida de ta donner à Lebrun, ancien secrétaire du chancelier Maupeou. Cc n'était pas une personnalilé de premier ordre, mais bien un écrivain consciencieux qui avait« traduit Homère el le Tasse•» et avait lral'ersé la Révolution en siégeant tour à tour à la Constituante, à la Législative et au Conseil des Anciens, sans éclal, mais avec la conslante sympathie des éléments modérés, même royalistes. Par lui, Bonaparte louchait aux partis de clroile, comme par Camhacérès il touchait aux partis de gauche. t. Voir à ce 1uje& l'amusan&dialoga.e entre Rœderer et Bonaparte rapporté par Rœderer, 111, a<Xl-306.

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